‹ ŒuvresChapitre 20 sur 164 · On connaît ces quatre vers de Chaulieu · texte numérisé non relu

On connaît ces quatre vers de Chaulieu

Quoi que nos docteurs puissent dire Du honheur que Lvhaut goûtent les bienlieureu:^. Le vrai paradis où j'aspire.

C'est d'être toujours amoureux.

FRAGMENT D'ALGEE

POETE GRECl

Quel est donc ce devoir, cette fête nouvelle,

Qui pour dix jours entiers f éloignent de mes yeux?

Qu'importe à nos plaisirs l'Olympe et tous les dieux!

Et qu'est-il de commun entre nous et Cybèle?

De quel droit ose-t-on t" arracher de mes bras?

Se peut-il que du ciel la bonté paternelle

Ait choisi pour encens les malheurs d'ici-bas?

Reviens de ton erreur, crédule Éléonore.

Si tous deux égarés dans l'épaisseur du bois,

Au doux bruit des ruisseaux mêlant nos douces voix,

Nous nous disions sans fm, « Je t'aime, je t'adore, »

Quel mal ferait aux dieux notre innocente ardeur?

Sur le gazon fleuri si, près de moi couchée.

Tu remplissais tes yeux d'une molle langueur;

i . Alcée n'a rien écrit de semblable. L'auteur a voulu mettre son épicuréisme à l'abri sous le nom du poète grec.

FRAfiMKNT D 'AL CEE 31

Si ta boiiclic lu'ûlanto, ù la niienno atlarliéc,

Jetait dans tous mos sens une vive clialeur;

Si, mourant sous l'excès d'un bonheur sans mesure,

Nous renaissions encor, pour encore expirer;

Quel mal ferait aux dieux cette volupté pure?

La voix du sentiment ne peut nous égarer,

Et l'on n'est point coupable en suivant la nature ',

Ce Jupiter qu'on peint si fier et si cruel,

Plongé dans les douceurs d'un repos éternel,

De ce que nous faisons ne s'embarrasse guère.

Ses regards, étendus ^ sur la nature entière,

Ne se fixent jamais sur un faible mortel.

Va, crois-moi, le plaisir est toujours légitime;

L'amour est un devoir, et rinconstance un crinn'.

Laissons la vanité, riche dans ses projets,

Se créer sans effort. une seconde vie ;

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