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PROJET DE SOLITUDE

Fuyons ces tristes lieux, ô maîtresse adorée! Nous perdons en espoir la moitié de nos jours, El la crainte importune y trouLle nos amours. Non loin de ce riva^^e est une ile ignorée. Interdite aux vaisseaux, et d'écueils entourée. Un zéphyr éternel y rafraîchit les airs. Libre et nouvelle encor, la prodigue nature Embellit de ses dons ce point de l'univers : Des ruisseaux argentés roulent sur la verdure. Et vont en serpentant se perdre au sein des mers; Une main secourable y reproduit sans cesse L'ananas parfumé des plus douces odeurs; Et l'oranger touiïu, courbé sous sa richesse, Sa couvre en même temps et de fruits et de fleurs. Que nous faut-il de plus? Cette île fortunée Semble par la nature aux amants destinée. L'Océan la resserre, et deux fois en un jour De cet asile étroit on achève le tour.

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