Virgile, Égl. x
Alpinas, ah dura! nives et frigora Rkeni Me sine sola vides. . . .
2. Xom poétique sous lequel AV^ller a célébré les attraits et aussi la cruauté de lady Sydney.
LA JOLUNLi: CHAMl^LTKi::
» Mais leur voix touchante et sonore
» S'est fait entendre à lunive^^;
» Les Grâces ont aporis leurs vers,
» Et Papiios les redit encore.
» Leurs peines, leurs cliagrins d'un jour
» Laissent une longue mémoire ;
» Et leur muse, en cherchant l'amour,
» A du moins rencontré la gloire. »
Florval ainsi critique les erreurs Dont il ne peut garantir sa jeunesse.
Car trop souvent, aux rives du Permesse; Pour le laurier il néglige les fleurs.
De ces récits 1" enchaînement paisible Du triste amant redoublait le chagrin ; Il observait un silence pénible.
De sa maîtresse il se rapproche enfin : « Rassurez- vous ; je vais par mon absiiice » Favoriser vos innocents projets.
— » 11 n'est plus temps d'éviter ma présence ; » Jai pénétré vos innocents secrets.
» — Un autre plaît, et Laure est infidèle.
» — A vos regards une autre est la plus belle.
— » En lui parlant, vous avez soupiré.
— » Vous lécoutitz, et vous n'écoutiez qu'elle.
>i — Aimez en paix ce rival adoré.
» — Soyez heureux dans votre amour nouvelle.
» — Oubliez-moi. — Je vous imiterai. »
Volny s'éloigne, et, pour cacher ses larmes,
Du buis voisin il cherche l'épaisseur.
Lame en gémit; les plus vives alarmes
Vont la punir d'un moment de rigueur.
La vanité se trouvant satisfaite,
Bientôt l'Amour parle en maître à son cœur :
Elle maudit sa colère indiscrète.
S'accuse seule, et cache de sa main
Les pleurs naissants qui mouillent son beau sein.
Le regard morne et fixé sur la terre,
Volny déjà, seul avec son ennui.
Était entré dans la même chaumière
Que sa maîtresse habitait avec lui.
Faible, il s'assied sur ce lit de feuillage
Si bien connu par un plus doux usage.
Là tout-à-coup, au milieu des sanglots.
Son cœur trop plein s'ouvre, et laisse un passage
A la douleur qui s'exhale en ces mots :
« Ah ! Je lirais d'un œil sec et tranquille
» De mon trépas l'arrêt inattendu ;
» Mais je succombe à ce coup imprévu,
» Et sous son poids je demeure immobile.
LA JOL'RNÉE CHAMPÊTRE lo«
» Oui, pour jamais je renonce aux amours,
.) A l'amitié cent fois plus criminelle;
.) Et dans un bois ca< liant mes tristes jours.
» Je haïrai : la haine est moins cruelle. »
Tous ses amis entrent dans ce moment.
Le cœur rempli «le crainte et trespérance,
Laure suivait; elle voit son amant,
Et dans ses bras soudain elle s'élance.
L'ingrat Volny, pressé de toutes parts.
Ne voulut point se retourner vers Laure;
Il savait trop qu'un seul de ses regards
Eût obtenu ce pardon qu'elle implore.
« Ah ! dans tes yeux mets au moins tes refus.
H — Je suis trahi; non, vous ne m'aimez phis! »
Sa main alors repousse cette amante.
Qui d'un seul mot attendait son bonheur :
Mais aussitôt, condamnant sa rigueur.
Il se retourne et la voit expirante.
A cet aspect, quelle fut sa douleur!
Il la saisit, dans ses bras il la presse.
Étend ses doigts pour réchauffer son cœur.
Lui parle en vain, la nomme sa maîtresse.
Et de baisers la couvre avec ardeur.
De ces baisers l'amoureuse chaleur
Rappelle enfin la bergère à la vie;
Elle renaît, et se voit dans ses bras.
160 LA JOURNEE CHAMPÈTUE
Quel doux moment! son âme trop ravie
Retourne encore aux portes du trépas ;
Mais son ami, par de ^•ives cai'esses.
Lui rend encor l'usage de ses sens.
Qui peut compter leurs nouvelles promesses.
Leurs doux regrets, leurs transports renaissants?
Chaque témoin en devint plus fidèle.
Églé surtout regardait son amant,
Et soupirait après une querelle.
Pour le plaisir du raccommodement.
La troupe sort; et chacun dans la plaine
S'en va tresser des guirlandes de fleurs.
Avec plus dart mariant les couleurs.
Déjà Talcis avait fini la sienne,
Quand sa maîtresse, épiant le moment,
D'entre ses doigts l'arrache adroitement,
La jette au loin, sourit, et prend la fuite;
Puis en arrière elle tourne des yeux
Qui lui disaient : « Viens donc à ma poursuite K »
Il la comprit, et n'en courait que mieux.
Mais un faux pas fit tomber la bergère.
Et du zéphyr If souffle téméraire