‹ ŒuvresChapitre 76 sur 164 · Virgile · texte numérisé non relu

Virgile

Majoresque cadunt altis de montibus umbrœ.

De l'âge d"or retraçait la peinture.

Et s'égarait sous l'ombrage des bois.

Pour y chanter, je reprenais encore Ce luth facile, oubhé de nos jours^ Et qui jadis dans la main des Amours Fit résonner le nom d'Éléonore.

Mon cœur naïf, mon cœur simple et trompé, >i'ayant alors que les goûts de l'enfance, A tous les cœurs prêtait son innocence. Ce rêve heureux s'est bientôt dissipé.

D'un doigt léger pour moi la Parque file Depuis vingt ans de cinq autres suivis; La raison vient: j'entrevois les ennuis Qui sur ses pas arrivent à la file.

Mes plus beaux jours sont donc évanouis! illusions, qui trompez la jeunesse.

Amours na'ifs, transports, première i^Tesse, Ah ! revenez. Mais, hélas ! je vous perds ; Et sur le luth mes mains appesanties Veulent en vain former de nouveaux airs. Il n'est qu'un temps pour les douces folies; Il n'est qu'un temps pour les aimables vers.

Vous trompiez donc un amant empressé, Et c'est tn vain que vous m'avez laissé D'un prompt retour l'espérance flatteuse? De nouveaux soins vous fixent dans vos bois, De cette absence*, bêlas! trop douloureuse. Vos écrits seuls me consolent parfois : Je les relis, cest ma plus douce étude. N'en doutez point ; dès les premiers beaux jours. Porté soudain sur l'aile des Amours, Je paraîtrai dans votre solitude.

1. Cette pièce parut ponr la première fois dans YAlmnnach des Muses de 17S0, sous ce titre, les Fleurs, Epitre à Zélie, et avec ce début :

Quel nouveau soin vous retient dans vos bois? 1-oiii dun amant ZAie est-elle heureuse? De cette absence. . . .

Seule et tranquille à l'ombre des berceaux^, Vous me vantez les charmes du repos, Et les douceurs d'une sage mollesse ; Vous les goûtez. Aussi votre paresse Du soin des fleurs s'occupe uniquement.

Ce doux travail plairait à votre amant ; Flore est si belle, et surtout au village ! Fixez chez vous cette beauté volage.

Mais ses faveurs ne se donnent jamais : Achetez donc, et payez ses bienfaits.

Des Aquilons connaissez l'influence^.

Et de Phébé méprisez la puissance.

On vit jadis nos timides aïeux L'interroger d'un regard curieux ; Mais aujouiYriiui la sage expérience A détrompé le crédule mortel.

Sur nos jardins Phébé n'a plus d'empire. De son rival l'empire est plus réel; C'est par lui seul que tout vil et respire;

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