‹ ŒuvresChapitre 96 sur 164 · Racine, Phèdre · texte numérisé non relu

Racine, Phèdre

Il ouvre luî œil mourant qu'il refprme soudain.

244 JAMSEL

Vient déposer le voile ensanglanté.

Elle frissonne, et recule, et chancelle.

« Il ne vit plus, mon arrêt est porté, »

Dit-elle ensuite; et sa plainte touclianlo

Et ses regards se tournent vers le ciel ;

Et tout-à-coup sa bouche impatiente

De cent baisers couvre ce don cruel.

Tous ses malheurs vivement se retracent

A son esprit ; des pleurs chargent ses yeux :

Mais elle craint que ses larmes n'effacent

D'un sang chéri le reste précieux.

a Sans moi, Jamsel, pourquoi quitter la vie? )i

Dit -elle enfin d'une voix affaiblie.

« Mais, attends-moi, je ne tarderai pas :

» On aime encore au delà du trépas. »

Ce dernier coup, et de si longues peines.

Ont é[iuisé ses forces; par degrés

Le froid mortel se glisse dans ses veines ;

La clarté fuit de ses yeux égarés.

« Dieu de bonté, fais grâce à ma faiblesse ! »

Après ces mots, sur sa bouche elle presse

Lf lin sanglant, nomme encore Jamsel,

Tombe, et s'endort du sommeil éternel.

FIN DE JAMSEL

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