‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 1 sur 96 · DB L'ÉDITION DS · texte numérisé non relu

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Lbs sermonft de MaMOkm* ont èlé préchét Yingl ans de soitc a Paris OQ à la eonr^ arec un saooè» tonjoars égal. C'est le préjugé le moins éqoÎYoqne et le pins décisif en favenr de ce genre d'où* Trage. Un talent médiocre a quelquefois la vogue ; et tant qu'il ne sera pas effacé par un talent supérieur, on le verra s'attirer et se conserver même pour un temps Festime et les applaudissements du public. Mab réunir en sa faveur et fixer constamment les suffrages d'une multitude libre et indépendante , toujours prête à se retirer dés qu'on cesse de l'attacher et de lui plaire, c'est ce qui n'estdonné qu'aux géoiesdn premier ordre. Il n'appartient qu'aux Bofisuet, aux Bourdalone et à ceux qui leur ressemblent , d'exercer un empire perpétuel sur les esprits et sur les cceurs.

Nous pouvons donc nous dispenser de faire ici Téloge des Sermons de Massillon. Qu'ajouterions-nous à l'approbation constante et unanime de toute la France? D'ailleurs le public s'apercevra

* HanlDoo ( JeaD*-Baptiste), néi Hyéres en Profencs, le SI Juin IMS, fit mi étodof an eolMge de ronlolre de la ville natale , entra , en l<ysi, dent cette oongrèfatfoD y fot ordonné prêtre , signala son talent dès son début dans la chaire , et alla Béanmolns s*enfermer dans le monastère de Sept-Fonts , dont 11 prit l'habit , résolu iTédiapper amsl an sédnelions de l'arnoor-propre que sa plélè lui flilsoiiyredouter.

RsndD eependsnl à la congrégation de TOratoIre par l'autorité du cardinal de RoalUes, Massillon professa suocesslTement les belles-lettres et la théologie à Pézenas, A MoDtbrison et à Vienne^ ftat ensuite^ en leoi, appelé è Paris pour y diriger le •émlDaire Safait-Magloire « alla deux ans après prêcher le carême à Montpellier, et 7 esdta une telle admiration , gn*il lui devint désormais impossible de ftilr sa veoommée.

Rappelé immédlatoimnt dans la captule, l( j prêcha le carême de leoo, fot MOBiné prédicateur à la coor pour l'Avent de la même année , et j produisit une si profonde impression que Louis XIV, dont II étoll destiné k faire Téloge funèbre , témoigna plusieurs fols le désir de l'entendre. Ce ne fut néanmoins qu'après la mort de ce prince que MasslUon reçut la récompense due à son talent. Promu, en 1717, à l'évêché de Glermont , U prononça l'année suivante devant Louis XV, alors Agé de neuf ans , ses discours si connus sous le nom de Petit Carénu , fot reçu en 1710 A rAradémIe françoise, el partit ensuite pour son diocèse , où il mourut le IS septembre 1741.

VÉhft de cet Illustre orateur, par d'Alembert , a été lu A TAcadèmle francolse en ITTi, et sa ville natale lui a élevé une statue en 1S17.

iT PRÉFACE.

bienlùt que les sermons que nous loi présentons sont dans le yrai goût de la chaire ; c'est an eoeiur qoe parle Massillon, c'est le coeur qa'il affecte et qu'il intéresse t or quiconque a le secr^ d'aller au cœur, soit qu'on l'écoute, soit qu'on le lise, est sûr de plaire, et de plaire toujours.

Ce pathétique qui fait la principale force de l'éloquence et le ca* ractère propre de notre orateur, manquoit [n'esque entièrement à la chaire, lorsque le ministère de la parole lui fut confié. On en aYoit heureusement banni tous ces traits entassés d'une érudition dé|dacée, assemblage biiarre du sacré et du profane , propre à imposer au vulgaire ignorant, plus propre encore à révolter l'homme sensé. Mais le oonunun des prédicateurs ignoroit l'art d'intéresser par le sentiment, quoique de là dépende tout le succès du discours; et combien d'autres défauts n'avoit-on pas encore à leur reprocher! Aussi , lorsque Massilion arriva de la province, le révérend Père de La Tour, général de l'Oratoire, lui demandant ce qu'il pensoit des prédicateurs les plus suivis : Jt leur trouvé , répondit-il, bien de r esprit ei de» talents i mais si Je prêche ,je ne prêcherai pas comme eux. Il Unt parole ; il prêcha , et s'ouvrît une route toute nouvelle.

Qu'on ne le soupçonne pas néanmoins d'avoir confondu Bourdaloue avec les autres orateurs de son temps. Pouvoit-il ne pas applaudir à ce grand homme, duquel il est vrai de dire, comme Quintilien le disoit de Cicéron , qu'« faut Juger du progrès que Von a fait dans F éloquence^ par le goût que Von trouve âlaleciure de ses ouvrages? Trop oonnoisseur pour s'y méprendre, à peine eut-il entendu Bourdaloue, qu'il l'admira ; et s'il ne le prit pas en tout pour son modèle, c'est que son talent lé portoit vers un autre pHire d'éloquence. Or U étoit fortement persuadé que pour réussir en quelque genre que ce soSt , l'on doit étudier son trient et le suivre; en un mot , travailler de génie i que s'attacher servilement à copier la manière d'un autre , quelque parfait qu'il soit , à moins que sa manière ne se trouve assortie aux dispositions que la nature a mises en nous, c'est s'exposer à ne jamais rien faire qui ait un certain feu , et ce tour original qui fait le mérite des bons ouvrages.

Pour la plupart des autres prédicateurs, outre ce défaut d'onction et de sentiment, Massilion leur reprochoit d'entrer dans un trop grand détail sur les conditions et sur les mœurs extérieures', moyen infaillible pour ennuyer les trois quarts de son auditoire, toujours composé de personnes qui diffèrent toutes entre elles , ou par l'âge, ou par l'élat , ou par la condition. Tandis que vous in-

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