DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST
qu'il cal notre^ Toie, aoire Tèrité , notre vie, nolfe jvsflcé, Mire rédea^itioD, notre lorière. Qndle est cette nonyéUe doctrine? Un boBMne senl peat-il être la source de tant de grâces aux autres IxiQunes? Le Dieu sourerain, si jaloux de sa gloire, peut«il nous atladiffràmie créature par des devoirs et des Sens si intimes et si •acres, que nous dépendiras {nreMpie plus d'elle que de lin? Ne seioit'il point àcraindre qu'un bomme devenu si utile et sinéc^ssairo aux autres bommes, n'endevtni«nfinridole;qu'unIioBinie, auteur HdistrilmteQr detantéagraces, etqui bit à notre égard ^office et toutes les fonctions d'un Dieu, n'en occuptt aussi bientôt la place dans nos coeurs?
Car, remarquez, mes Frères, que c'est la reconndssance toute seule qui , autrefois, a fait les fiiux dieux. Les hommes, oubliant r Auteur de leur être et de l'univers, adorèrent d'abord l'air, qui les faisoit vivrez la terre, qui les nomrrissoit; le soleil, qui les édaircMt i la lune, qui présidoît à la nuit : c'étoit là leur Cjbôle, leur Apollon y leur Diane. Ils adorèrent les conquérants qui les avoient délivrés de leurs ennemis ; les iHrinces Menfaisants et équitables qui avoient rendu leurs sujets heureux, et la mémoire de leur règne imuKMrtelle : et Jupiter et Hercule furent placés au rang des dieux ; l'un par le nombre de ses victoires, l'autre parle bonhevrr et la tranquillité de BOù règne : les hommes, dans ce siècle de superstition et de crédulité, ne connoissoient point d'autres dieux que ceux qui leur faisoient du bien. Et tel est le caractère de l'homme; son culte n'est que son amoor et sa reconnoissance.
Or, mes Frères ^ quel hoinme a jamais fiiit tant de bien aux hommes que Jésus-Glffist? Rappelez tout ce que les riècles païens nous rapportent de l'histoire de leurs dieux ; et voyez s'ils ont cru leur devoir tout ce que l'incrédulité elle-même avoue avec les livres saints, que le monde doit à Jésus-Christ. Aux uns , ils croient être redevables de la sérénité de l'air et d'une heureuse navigation ; aux autres de la fertilité des saisons ; à leur Mars, du succès des batailles; à leur Janus, de la paix et de la tranqtdllité des peuples ; de la santé, à leur Esculape. Mais que smt ces foibles bienfaits si TOUS les comparez à ceux dont Jésus-Christ a comblé le monde? Il y a porté une paix étemelle, une sainteté durable , la justice et la vérité; il en a fait un monde nouveau et une terre nouvelle. Ce n'est pas un p^iple seul qu'il a comblé de biens, ce sont tous les peuples , c'est l'unirers entier ; et de plus, il n'est devenu notre bienfaiteur qu'en devenant notre victime, que pouvoit-il faire de plus grand pour la terre? Si la reconnoissance a fait les dieux , Jésus-Chris! pouvoit-il manquer de trouver des adorateurs parmi les hommes? et éloit4I à propos que nous lui dussions tant , s'il pouvoit j avoir de Fexcès dans l'amour et dans la gratitude?
Encore, mes Frères, si Jésus-Christ, en mourant, eiftt averti ses disciplea«pie c'étoit au Seigneur tout seul qu'ib étoient redevables
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de taQl de Menfaito ; qa'il n'ardi été luîHiiteie^pie l'ioBtranent, et noQ pas Tauteor de la source de foules ces gracos; et qBfainsi ils derde&t ronblier et rendre à Diea seul la gloire qui loi ôtoil dwi mais il s'can faat Men que Jésos^hrist ne termine par de semblaUes iQstrœtiODs ses prodiges et sonminislère. Mon senlement il ne veut pas que ses disdples Fonblient, et cessent d'espérer en loi après sa morti mais, sur le point de les quitter, il les assure qu*ii sera présent avec eux jusqu'à la consommation des siècles : il leur promet encore plus qu'il ne leur a donné, et se les atlaobepar des liens indissolubles et iinmortds.
£n eflet, les promesses qu'il leur fait dans ce dernier moment sont encore pLm surprenantes que les grâces mêmes qu'il leur avoil accordées pendant sa yie. Pronièrement , il leur promet TËsprit consolateur, qu'il appelle l'Esprit de son Père : cet Esprit de Térité que le monde ne peut recevoir, cet Esprit de force qui devoit former les martyrs, cet Esprit d'intelligence quiavoit éclairé les prophètes, cet Esprit de sagesse qui devoit conduire les pasteurs , c^ Esprit de paix et de charité qui ne devoit faire qu'un cœur et qu'une ame de tous les iidèles. Quel droit a Jésus-Christ sur l'Esprit de Dieu pour en disposer à son gré, et le promettre aux hommes , si ce n'est pas son Esprit propre? Elie, montant au del, regarde comme un chose bien difficile de promettre à Elisée seul son double esprit de zèle et de prophétie : combien éloit-il plus éloigné de lui promettre l'Esprit èierwi du Père céleste, cet esprit de liberté qui souffle où il veut? Cependant les promesses de Jésus-Christ se sont accomplies ; à peine est-il monté au ciel , que l'Esprit de Dieu se répand sur tous ses disciples, les simples deviennent plus savants que les sages et les philosophes, lesfoibles plus forts que les tyrans, les insensés, selon le monde, plus prudents que toute la sagesse du siècle. De nouveaux hommes paroissent sur la terre, animés d'un esprit nouveau ; ils attirent tout après eux ; ils changent la face do l'univers ; et , jusqu'à la fin des siècles, cet Esprit animera son Eglise , formera des Justes , confondra les incrédules, consolera ses disciples, les soutiendra au milieu des persécutions et des opprobres, et rendra témoignage au fond de leur cœur, qu'ils sont enfants de Dieu, et que ce titre augusteleur donne droit à des biens plus solides el plus vrais que tous ceux dont le monde les dépouille.
Secondement , Jésus-Christ promet à ses disciples les clefs du del et de l'enfer, et le pouvoir deremettre les péchés. Quoi ! mes Frères, les Juifs sont scandalisés sur ce qu'il entreprend de les remettre luimême, et qu'il paroit s'attribuer une puissance réservée à Dieu seul : maiaquel sera le scandale de tous les peuples de la terre, lorsqu'ils liront dans son Evangile qu'il a voulu laisser même cette puissance à ses disciples? et s'il n'est pas Dieu, la folie et la témérité ont-elles jamais rien imaginé de semblable? Quel droit a-t-Q en effet sur les consciences pour les lier ou les délier à ^Kk gré, el
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|Wlur inMineitreàdeg hommes foible» oiie p^ esDeroer l«i-méme sans blasphème?
Troisltoement : mate œ n'est pas asseK^; H promet enooM à ses diseipies le don des miracles , qu'ils ressnscHeront les morts en son nom , qails reiidrcmt la vue anx aveugles , la santé aox midades, l'usage de la parole aux muets , qu'ils seront mitres de toute la nature. Mcffse ne promet pas à ses disciples les dons ndraculeux dont le Seigneur Ta favorisé : il sent bien que cette vertu lui est étran> gère, et que le souverain Maître tout seul peut en favoriser qui bon lui semble. Aussi , lorsqu'après sa mort Josué arrête te soleil au mfiieu de sa course, pour achever la victoire sur les ennemis du peuple de Dieu, il ne commande pas à cet astre de s'arrêter au nom de Moïse ; ce n'est pas de lui qu'il tencrft le pouvoir de faire Mir les astres mêmes; ce n'est pas à lui qu*il s'adresse lorsqu'il vent en user : mais les disciples de Jésus*€brist ne peuvent rien opérer qu'au nom de leur Maître , c'est en son nom qu'ils ressuscitent les morts et qu'ils redressent les boiteux; et sans ce nom divin Ha sont foiNes comme les autres hommes. Le ministère et la puissance de Moïse Qnissent avec sa vie ; le ministère et la puissance de Jésus-Ohrist ne commencent , pour ainsi dire, qu'après sa mort , et on nous assure que son règne doit être é^rnel.
Que dîrai-je enfin? 11 promet à ses disciples la conversion de l'univers , le triomphe de la Croix, la docilité de tous les peuples de la terre, des philosophes, des césars, des tyrans; et que son Evangile sera reçu du monde entier : mais tient-il le cceur de tous les hcMumea entre ses mains , pour répondre ainsi d'un changement dont jusque-là te monde n'avoit point eu d'exemple ? vous nous direz sans doute que Dieu rév^ à son serviteur les choses futures. Mais vous vous trompez : s'il n'est pas Dieu , il n'est pas même prophète; ses prédicticms sont des songes et des chimères : c'est un esprit imposteur qui le séduit et se mêle de l'instruire sur l'avenir, et les suites ont dém^ti la vérité de ses promesses : il prédit que tous les peuples assis dans les ombres de la mort, vont ouvrir les yeux à la lumière; et il ne voit pas qu'ils vont retomber dans des ténèbres plus criminelles en l'adorant s il prédit que son Père sera glorifié, et que son Evangile loi formera partout des adorateurs en esprit et en vérité, et il ne voit pas que les hommes vont le déshoncH^r pour toujours , en lui égalant , jusqu'à la fin des siècles , co lésns qui ne devoit être que son envoyé et son prophète : il prédit que les idoles seront renversées , et il ne voit pas qu'il sera luimôme mis à leur place : il prédit qu'il se formera un. peuple saint de toute langue et de toute tribu ; et il ne voit pas qu'il vient seulement former un nouveau peuple d'idolâtres de toute nation, qui ie placeront dans le temple comme le Dieu vivant , qui lui rapporteront teolea leurs actions, tout leur culte, tons leurs hommages, qui ferontjpcrt pour sa gloire; qui ne voudront d^ndre que de hd,
ITi Lk GTRGONGISIOM.
Mflfie qae délai et pour liii« n'avoir de fioroe, denooTei.», de Terta que par loi ; en un mot, qui l'adoreront, qui raineronl d'une macère mille fois plus spirituelle, plus intime, |dus uniterfldle, que ks palene s'aToient jamais adoré leurs idoles. Ce n*€Sl donc pu même Id un projdiète ; et ses procbes, selon la chair, ne blasphèment donc point lorsqu'ils le prennent pour un frénétique et un insensé, qiu donne aux songes de son esprit échanflé tout le poids et foule la réalité des révélations et des mystères : Quoniam in/urorem perms e$e (Maic. m, âl ),
Voilà, mes Frères, où mène rincrédulité. Renvenez le fondement, qui est le Seigneur Jésus , Fils étemel du Dieu vivant; tout Tédifioes'éeroale : 6les le grand nqrstère de piété, tonte la rdigion est un mmg^i retranolM» de la doctrine des chrétiens Jésus-€hrist Homme-Dieu , vous en retranchez tout le mérite delà foi, toute k oonsoktiOB de l'espérance, tonales nM)tifii de la charité. Aussi , mes Frères, quel zèle les premiers disciples de l'Évangile ne firent^ils pas parottre contre ces hommes impies , qui dés-lors osèrent attaquer la gloire de la divinité de leur Maître 1 ils sentoient Men que c'éloit attaquer la religion dans le oceur^que c'étoit leur 6ter tout l'adoucissement de leurs persécutions et de leurs souffrances , toute l'assurance des promesses futures , toute la grandeur et la noMesse de leurs prétentions ; et que, ce principe une fois renvtfsé , toute la religion s'en alloit en fumée, et n'étoit plus qu'une doctrine humaine , et la seoted'un homme mortel, qui, comme les autres diefa , n'avoit laissé que son nom à ses disciples.
Aussi , mes Frères , les paiena eux-mêmes reprochoient dors aux Chrétiens de rendre à leur Christ des henneurs divins (Puif«,fi6. x, ep. 97). Un proconsul romain, célèbre par ses ouvrages, rendant compte à l'empereur IVajaii de leurs nneurs et de leur doctrine, après avoir été forcé d'avouer que les chrétiens étoient des hommes justes, innocents , équitables , et qu'ils s'assembloient avant le lever du soleil, non pour s'engager entre euxa commettre des crimes et k troubler la tranquillitéde l'empire, mais à vivre avec piéléetavec justice, à détester les fraudes , les adultères , les désirs mémedn Men d'autrui i il ne leur reproche que de chanter des fajrmnes et des cantiques en l'honneur de leur Christ , et de lui rendre Ics'mémes hommages qu'à un Dieu. Or, si ces premiers fldèles n'eussent pas rendu à Jésus-Christ des honneurs divins , ils se seroient justifiés de cette calomnie, llsauroient 6té ce scandalede leur religion, le seul presque qui révcdtoit le zèle des Juifs et la sagesse des Gentils ; ik auroient dit hautement : Nous n'ad<Nxms pas Jésus-Christ , et nous n'avons garde de transporter àk créatnreles honneursetleadtequi nesont dus qu'à Dieu seul. Cependant ik ne se défendent pas contre cette accnsatioa. Leurs apologistes réftalent tontes les autres calomnies dont les païens tàcholent de nobrcir leur doctrine $ ik se justfient sur tout le reste : ik édairdsscnt. ik confondent les plus légères accu-
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niions ; et leurs apologies , adressées au sénat, se font admirer à Rome même , et fôtneiit partout la bouche à leurs eooemis. £t sur Taccusation d'idolâtrie envers Jésus-€hrist , qui seroit la plus criante et la plus horriUe; et sur le reproche qu'on leur fait d'adorer un crudflé , qui étoit le plus plausible ei le plus capable de les dôerier, qui devoit être même le plus douloureux à des hommes si saints, si déclarés contre l'idolâtrie, si jaloux de la gloire de Dieu, ils ne disent mot : ils ne se défimdent pas ; ils justifient même* celte accusation par leur silence. Que dis-je , par leur siienee? ils l'autorisent même par leur langage envers Jésos-Ghrisi , en souffrant pour son nom, en mourant poor lui , en le confessant devant les tyrans , en expirant avec joie sur les gibets, dans Tattenle oensolanie d'aller jouir de lui , et de retrouver dans son sein une vie plus immortelie que celle qu'ils perdoient pour sa gloire. Ils sonffiroient le martyre plutôt que de fléchir ménoe le genou devant la statue des césars, plalôt même que de souffirir que leurs amis d'entre les païens, par une compassion humaine, et poor les dérober aux suppUo^, allassent faussement attester devantles magistrats qu'ils avoientoOert de Tonceiis aux idoles ; et ils auroiept souffert qu'on les accusât de rendre des honneurs divins à Jésus<lhrist , sans jamais détruire cette fausse imputation? Ah 1 ils auroient publié le contraire sur les toits , ils se servent exposés même à la mort plutôt que de donner lieu à un soupçon si odieux et si exécrable. Que peut opposer ici l'incrédulité? Bt si c'est une erreur de croire Jésus-Christ égal à Dieu , c'est donc une erreur qui est née avec l'Église , et qui en a élevé tout l'édifice , qui a formé tant de martyrs et converti tout l'univers
Maisqnelfruitretirerdecediseours , mes Frères? c'estqne Jésus* Christ est le grand objet de la piété des chrétiens. Cependant à peine oonnoissons-nous Jésus-Christ : nous ne prenons pas garde que toutes l6s autres |»*atiqaes de piété sont, pour ainsi dire, arbitraires, OMûs que odle<*ci est le fondement de la foi et du salut ; que c'est ici la piété simple et sincère; que méditer sans cesse Jésus-Christ» re» t^ourir à lui , se nourrir de sa doctrine , entrer dans l'esprit de ses mystères, étudier ses acti(»)S, ne compter que sur le mérite de son sûg et de son sacrifice, est la seule science et le devoir le plus essentiel du fidèle. Souvenez-vous donc, mes Frères, que la piété ciivers Jésus-Christ est l'esprit intime de la religion chrétienne ; que rien n'est solide que ce que vous bâtirez sur ce fondement , et que le principal hommage qu'il exige de vous est que vous deveniez semblables à lui , et que sa vie soit le modèle de la vôtre, afin que , ooAformes à sa ressemblance, voussoyez du nombre de ceux qui se font participants de sa gloire, jiinsi soit-il.
176 L'ÊPIPHAinE
SERMON POUR LE JOuR DE L'ÉPITHAiilE.
yïéimms stellnm ^ut in Onente, ei vmunm ûdorare «cm. Noof ayons tu son étoile en Orienl , et wm MBMDei Tflwift radorar.
(Màtth.,!!, s.)
Lft T«rH6 y cette lumière du cid, Ogméb par réloile qui paroll •qoord'lHii aux mageB, est la seule chose id-bas qui soit digoe des seinsetdesredimdiesderhomiiie, EUesealeestla lamiére de notre esprit , la rAgle denotre oœar, la source des vrais plaisirs ^ le fonde ment de nos espérances, la consolation de nos craintes, radoucissement de nos manx , le remède de toutes nos peines : elle seule est la ressource de la bonne consdence , la terreur de la mauvaise , la pdne secrUedavice, la récompense intérieurede la yertu: elleseule immortalise ceox qui Font aimée , illustre les chaînes de ceux qui souffrent pour elle, attire des honneurs puUicsaux cendres de ses martyrs et de SOS défenseurs , et rend respectables Tabjection et la pauvreté de ceux qui ont tout quitté pour la suivre : enfin elle seule inspire des pensées magnanimes , forme des hommes héroïques , des âmes don! le monde n'est pas digne, des sages seub dignes de ce nom. Tous nos soins devroienl donc se borner àlaconnoltre, tous nos talents à la manifester, tout notreièleàladéfendresnous ne devrions doncchercher dans les hommes que la vérité , ne vouloir leur plaire que par la vérité , n'estimer en eux que la vérité , et ne souftir qu'ils voulussent nous plaire que par elle : en un mot , il semble doTO qu'il de* vrott suffire qu'elle se montràtà nous, commeaujourd'hui auxmages, pour se faire aimer« et qu'dle nous montrât à nous-mêmes pour nous apprendre à nous oonnoître.
Cependant il est étonnant combien la même vérité montrée aux hommes fait en eux d'impressions différentes. Pour les uns , c'est une lumière qui les édaire, qui les délivre, qui leur rend le devoir aimable en le leur montrant ; aux autres , c'est une lumière importune et comme un éblouissem(»t qui les attriste et qui les gène $ enfin, à plusieurs, un nuage épais qui les irrite, qui arme leur fureur et qui achève de les aveugler. C'est la même étoile qui parolt aujourd'hui dans le firmament : les mages la voient ; les prêtres de Jérusalem savent qu'elle est prédite dans les prophètes ; Hérode ne peut plus douter qu'elle n'ait paru, puisque des hommes sages viennent des extrémités de l'Orient chercher, à la faveur de sa lumière , le nouveau roi des Juifs. Cependant , qu'ils offrent des dispositions peu semblables à la même vérité qui se manifeste en eux <
Dans les mages, elle trouve un cœur docile et sincère ; dans kb prêtres, un cœur double, timide , lâche, dissimulé; dans Hérode, un cœur endurd et corrompu. Aussi dans les mages die forme des adorateurs , dans les prêtres des dissimulateurs , dans Hérode un
DE NOTtlÊ SEIGNEUR. lïï
pcnècateur. Or, meg Fràres, tel est enoore aujourd'hui parmi noua la desliuée de la vérité s c'est une lumière oélesle qui se montre à tous, dit saint Augustin, omnibus pnesio est / mais peu la reçoivent, beaucoup la cachent et la déguisent, encore plus la méprisent et la persécutent. Elle se montre à tous , mais combien d'ames indociles qui la rejettent ! combien de cœurs lâches et timides qui la dtssi* mutent I combien de cœurs noirs et endurcis qui l'oppriment et qui la persécutent 1 Recueillons ces trois caractères marqués dans notre Evangile, et qui vont nous instruire de tous nos devoirs envers la vérité : la vérité reçue, la vérité dissimulée, la yénié persécutée. Esprit saint, esprit de vérité , anéantissez en nous l'esprit du monde, cet esprit d'erreur, de dissimulation , de haine de la vérité, et dans ce lieu saint , destiné à former des ministres qui vont l'annoncer jusqu'aux extrémités de la terre ( les missions étrangères ), rcndeinous dignes d'aimer la vérité, de la manifester à ceux qui l'ignorent, et de tout souSrir pour elle. Implorons , etc. At^e^ Maria.