UO LE MERCREDI DES CENDRES
et des proj^, des dérisions souvent et des cbants satiriques ek profanes^ symbole éternel de la légèreté de la nation et qui nous ont toujours consolés de nos malheurs ^ en éternissant le souvenir de DOS pertes; c'est cequ'un ancioiPére rqprochoit déjà de son temps à nos ancêtres : CoHtilenîs irifortuniasua solanturiSàhYiknus),
Insensés que nous sommes 1 nous nous en prenons aux hommes comme s'ils étoient les auteurs de nos calamités. Nous accusons leur imprudence, leur peu d'habileté, leurs méprises, de nos malheurs. Mous ne remontons pas plus haut: nous ne voyons pas que les coups qui nous frappent partent du ciel , que c*est Dieu lui-même qui confond kis ooBseils et la prudence de nos chefs; qui aveugle nos sages et nos vieillards $ qui répand Tépouvante et la terreur dans nos armées , et que nos crimes seuls enfantent tous nos malheurs. Mettons Dieu de notre c6té , mes Frères , et alors nous serons les plus forts. Forçons le Seigneur, par un repentir sincère, à combattre pour nous ; et alors, ou il donnera la paix à son peuple , ou nous dissi* pcronsnos ennemis comme de la poussière.
Maison dlsraél, disoit autrefois le grand-prétre Eliachim aux Juifs frappés comme nous de la main de Dieu , et en proie aux troupes victorieuses des Assyriens ; souvenez- vous comment Moïse, ce serviteur de Dieu, brisa autrefois la force d'Amalec , qui se con iïoii dans sa puissance, dans le nombre de ses troupes, et dans la multitude do ses chariots : Memores estole Moysi servi Domini, qui AmaUcconfidentem in virtutesua, et in exercitusuo, defecit.AixiSi dîsparottront devant vous vos ennemis, continuoit ce vénérable pontife, si vous demeurez ûdèles dans la pratique des ordonnances de la loi , et si vous reycnez au Seigneur par les gémissements d'un cŒur brisé , et d'un repentir vif et sincère : Sic erunt unit^ersi hos* tes Israël j si manentes pennanseritis injejuniis et orationîbus , in conspectu Domini (Jdditb, iv, 14, 12).
Et voilà, mes Frères, ce que le pontife saint ^ qui nous bonore ici de sa présence, et que le Seigneur a suscité à son peuple dans ce temps de calamité, vous a déjà dit avec les expressions les plus vives du zèle pastoral et de réloquence chrétienne. Yoilà les ressources 'qu'il vous a marquées par une indication solennelle de Jeûnes et de prières, pour remédier aux maux qui nous afQîgent. Mes Frères, vousa-t-îldit, finissons nos désordres, et nos malheurs finiront bientôt. Devenons plus fidèles, et nous deviendrons bientôt plus heureux oi plus tranquilles. Faisons cesser les scandales qui sont au milieu de nous , et nos larmes seront bientôt essuyées. Convertissons-nous au Seigneur, et le Seigneur combattra pour nous. Mettons-nous en paix avec Dieu , et nous l'aurons bientôt avec les hommes.
Yoilà, mes Frères, ce que ses exemples vous prêchent encore plus
'Monseigneur le csrdinat de RoaiUes^devaDtquiceieniioDfut prédié à HoUc» Dame,
VÉRITÉ DE LA RELIGION. iSl
efficacement que ses discours. Il souffre des malheurs qui vous afffigeut; mais il souffre encore plus des iniquités qui vous les atltreut. 11 porte avec vous le poids de vos aifliclious et de vos pertes; mais il porte encore plus le poids de vos crimes. Il demande pour vous au Seigneur des jours plus tranquilles et plus fortunés *, mais il en demande aussi de plus saints.
Soulagez son zèle , mes Frères, en répondant à sa tendresse. Consolez sa i>iélé eu secondant ses désirs. Récompensez ses soins en vous cuaformantà ses exemples. Dieu n'a pas encoreabaiidonnéson peuple, puisque , malgré tant de calamités dont il nous frappe , Jl vous suscite encore un pasteur Cdèle , qui peut vous réconcilier avec le Seigneur^ et arrêter le bras de son indignation et de sa colère. N'abusez donc pas du don de Dieu, mon cher Auditeur, et ne rendez pas inutiles, par Tendurcissement de votre cœur, tant de moyens de sanctiGcation que la bon é de Dieu tous offre, et les ressources les plus heureuses de votre salut.
Grand Dieu , que de justes sujets de condamnation n'aurez-vous pas uh jour contre moi ! Que n'aurez-vous pas fait pour me sauver, et qu*aurai~je omis moi-mémo pour me perdre? Tous avez mis tout en œuvre pour empêcher votre créature de périr; vos grâces, vos inspiratioi^, des lumières vives, des amertumes salutaires, des dégoûts infinis, des passions traversées, des projets confondus, des espérances évanouies, des calamités publiques et personnelles : que dirai*je encore? un cœur même tendre pour le bien ; un cœur né avec des sentiments de vertu et de droiture ; un cœur qui se refusoil aux excès, qui ne paroisàoit point fait pour le dérèglement, qui ne cessoit de me rappeler à vous , et de me reprocher en secret ma honte et ma foiblesse. Que puis-je vous dire, tout couvert de vos bimfaits et de mes crimes? Seigneur, ne vous lassez pas de me tendre la main. Vous en avez trop fait jusqu'ici pour me laisser périr sans ressource ; plus je me trouve indigne de nouvelles faveurs, plus j'ai espère. L'horreur de mon état augmente ma confiance ; et l'excès de mes misères est le seul droit que j'offre à vos miséricordes étemelles. Ainsi soit4L