‹ Œuvres, évêque de ClermontChapitre 42 sur 96 · LE MERCREDI DES GENDRES · texte numérisé non relu

LE MERCREDI DES GENDRES

Que faut-il encore pour tous déterminer à finir tos égarements et à changer enfin une vie qui vous lasse , que le molide censure , dont vous sentez vous-même le vide, et peut-être aussi Tindecence et le ridicule? Que re8te*t-il à foire au Seigneur? U vous agite par des remords secrets, et vous combattez les saints mouvements de sa grâce : il vous offre tous les secours de la religion, et vous n'en faites aucun usage: Q réunit toutes les prières de l'Eglise en votre faveur, et vous les rendez inutiles par votre impénitencc : il fait tonner dans ces chaires chrétiennes les promesses et les menaces formidables delà loi, et elles s'effacent de votre cœur un moment après que son esprit les y a gravées. Que peut-il donc faire encore? diâtier vos crimes et ceux de vos semblables par des calamités publiques ; répandre $ur nous la terreur de sa colère, comme autrefois sur ces . villes .qui avoient attiré son indignation par l'excès de leurs dissokitÎQijii^ et4e leurs débaijLches. C'ctoit^ mes Frères, la seule ressource ^ui Vtôloit à la miséricorde de Dieu pour nous toucher. Il parloit en yaui au fond de nos cœurs'; il nous frappe pour se faire entendre.. .

. , . qiNQUI&ME MOTIF.

Comme npu^ ayons mis le comble à nos crimes, il semble aussi ra^semblei; ^ur nos. têtes les traits de sa colère. Nos ennemis nous ,ipsultei|t. L^enfants d'Amalecontla victoire sur le peuple de Dieu. WQlre ancienne yale^^ semble s'être changée en foiblesse. Nos frontières spnt Qjyiverte^. Ces murs inaccessibles , en qui nous mettions nptrecpqfiance, sont renversés. Nos voisins, à peine autrefois en sârcté.^afis leurs places les plus reculées , semblent déjà méditer la oonquétedenos provinces, et se partager par avance nos terres et ,no$ foyers. .Xiàjustice de nos armes semble en affoiblir la force et le succès. La fdiix autrefois entre nos mains s'éloigne de plus en plus de nous, ,çt oos desjrs ne font que ^a rendre plus difiicile. Le fléau de la guerre e^ delà désolation répand le deuil et la misère sur nos villes et sur.pQs.campagn^.'Le peuple gémit sous le poids des . charges que le xjqalhéur des temps a rendues nécessaires. La France, que nos. premières, années: avoient yue . si florissante, est maintenant plongée dans une tristesse aipëre et profonde : et nos ennemis, si jalpifxaulxeJÇojs.dp nos prospérités, pavent à peine se persuader nos mafiheMf^ 9t pos pertes. .

. ^D'où vient qe changement y^ me^.Frères? Je l'ai déjà dit. La co-

^ére de Dieu éclate sur nos crûmes : leur énormilé est enfin montées

jusqu'au trône de ses vengeances. Il a regardé du haut de sa de-

memçe éti^rueUe . ^ le prophète \,Pro$pexU de excelso sancto sut*

l ( Ps. çiy 90 ) ; et il â. vu Içs abominations ^ui sont au milieu de nous :

. les Ûd^iea ^ans, ipiç^urs, les grands sans religion, les ministres

. iQèio<^fians,|pié.té ; jes^xe sans pndemr et sans bienséance, s'avilis-

•w^^WR^WMWîS^ auroéent rougi ,

MOTIFS DE CONVKRSION. 229

et n'étant pins en sûreté que par le dégoût qn'en oni/ceax niémesè qui 0 s'étadie de plaire. Prospexù de exceUo $aneto suà,

n a regardé du haut da ciel , et il a vq les adultères et les aboinl* nations en honneur au milfed de son peufile ; lés rapines et les injn»> fices revêtues des titres et des dignités publiques; les dêlwudies et les excès aCTreux autorisés pas de grands exemples ; un luxe monsimeux et insensé crottre et augmenter avec la misère publique $ les tbéfttres devenus des lieux de prostitution,' par le dérèglement dè« claré de ces victimes infortunées qu*on y court entendre; et les mœurs publiques devenues des scandales publics. Prospexkdeexcelso sancto suc.

II a regardé du haut du cid, et il a vu Vintriguc , Tambitlon , le schisme et Taigreor déshonorer son sanctuaire; les ministres de la paix eux-mêmes divisés ; la défense de la vérité devenue le prétexte des animosités personnelles; le zèle allumé par un vil intérêt; les passions appelées à la défense de la rdigion qui les condamne; la piété changée eu gain et en une indigne h} pocrisie ; et ce rojadme aùti^fois le soutien de la foi, et la plus pure portion de son Église , de* venu parla licence des discours et Fimpiété des sentiments le théfttre d'honneur des philosophes et des incrédules. Prospexù de excelso sancto suo^

U a regardé du haut du ciel , et il a vu un souverain fkxtx environné d'une cour dissolue ; le courtisan toujours parmi noussertile imitateur du mattre, devenir ici son censeur secret; hi piété sur le trône devenue plus odieuse ; les crimes se multiplier par fai contrainte ; le péril de la débauche en assaisonner les excès; l'ambition se revêtir des apparences de la piété pour attirer les largesses du souverain ; Thypocrisie s'enrichir des bienfaits destinés à' récompenser la vertu ; et la religion plus déshonorée par les mœurs et les artifices do ses faux justes, que par la licence des pécheurs les plus déclarés. Prospexit de excelso sancto suo.

Et alors H a versé sur nous la coupe de sa fureur et de sa colère, n a fait périr par le glaive de nos ennemis, nos enfants, nos époux, nos frères et nos prodies. II a répandu sur nos armées un esprit de terreur et de vertige. II a fait échouer nos projets; et nos prospérités passées n'ayant été pour nous que de nouveaux motifs d'orgudl et de dissolution, il a eu recours aux châtiments, afin que, si nous avons été ingrats à ses faveurs, nous ne soyons pas insensibles k notre aiQiction et à nos peines.

Et cependant, quel usage faisons-nous de ces fléaux publics? Qu'opposons-nous à la colère de Dieu pour la désarmer? Dès plaintes inutiles, des terreurs humaines sur Tincertitude des événements, des inquiétudes sur les misères et sur les charges publiques : que dirai-jc ? des murmures peut-être contre le gouvernement, de vaines réflexions et des censures étemelles sur ceux qui sont à la tète des afiaires, des clameurs inutiles contre ceux qui sont chargés des entreprises

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