a LE JEUDI APRÈS LES CENDi^ES
.'iTden! deinandé des miracles; et il en avoit op6ré à Icars yeax de si foavaincanU, que personne avant lui n'en avoit fait de semblables, ris a voient souhaité que sa mission fût autorisée par dos témoignages, Moïse et les prophètes lui en a voient rendu ; le prccm^senr avoit dît hautement : Voilà le Christ, et TÂgneau qui vient effacer tes péchés du monde; un gentil rend gloire dans notre Evangile à sa toutepuissance ; le Père céleste du haut des airs avoit déclaré que c'étoit là son Fils bieh-aimé ; enfln les démons eux-mêmes, frappés de sa sainteté, ne sortoicnt des corps qu'en confessant qu'il étoit le Saint et le Fils du Dieu vivant. Que pouvoit encore opposer l'incrédulité dos Juifs à tant de preuves et de prodiges?
Yoilè, mes Frères, ce qu'on pourroit demander aujourd'hui avec bien plus de surprise à ces esprits incrédules, lesquels après Taocomplissement de tout ce qui avoit été prédit, après la consommation des mystères de Jésu^Christ, l'exaltation de son nom, la manifestation de ses dons, la vocation des peuples, la destruction des idoles, la conversion des césars, le consentement de Tunivers, doutent encore, et entreprennent eux seuls de contredire et de renverser ce que les travaux des hommes apostoliques, le sang de tant de martyrs, les prodiges de tant de serviteurs de Jésus Christ, les écrits de tant de grands hommes , les austérités de tant de saints anachorètes, et la religion de dix-sept siècles , ont si universellement et si divinement , établi dans Tesprit de presque tous les peuples.
Car, mes Frères , au milieu des triomphes de la foi s'élèvent encore eh secret parmi nous des enfants dincrédulité, que Dieu a livrés à la vanité de leurs pensées, qui bla5phèm(*nt ce qu'ils ignorent; des hommes impics, qui changent, comme dit un apôtre, la grâce de aotre Dieu en luxure, souillent leur chair, méprisent toute dominafon, blasphèment la majesté, corrompent toutes leurs voies comme des animaux sans raison, et se soqt réservés à servir un jour d'exemple aux jugements terribles de Dieu sur les hommes.
Or, si, parmi tant de fldèles que la religion assemble en ce lien, il se trou voit quelque ame de ce caractère, souffrez, vous, mes Frères, qui conservez avec respect le dépôt de la doctrine que yoos aivez reçu des mains de vos ancêtres et de vos pasteurs, que je me serve de cette oojcasion, ou pour les détromper, ou pour les combattre. Souffrez que je fasse ici une fois ce que les premiers pasteurs de l'Ëglise faisoient si souvent devant leur peuple assemblé, c'est-à-dire que j'entreprenne l'apologie de la religion de Jésus-Christ contre l'inerc* dulité; et qu'avant de TOUS instruire de vos devoirs durant cette longue carrière, je commence par jeter les premiers fondements de la foi. n est si consolant pour ceux qui croient, dé découvrir combien leur soumission est raisonnable, et de se convaincre que la (ci qui parott recueil de la raison en est pourtant la seule consolation, • le senlfuide et Tunique ressource! /
Yofd donc tout meti dessein. L'incrédole reCuae deae scyniMaHrs
. yARrnt DE IJk fiEUGION J : : 3à3
, MULTérttés Té^€U^jfmy9irim^'f9biA»llk^ no fans flenUment d'orgoeO^ .on par oq amoor mal plaeé dinde-
. péndaHce. /,
Or je yeux montrer aujourd'hui que la soumission que rincrédule
. rcrnse par une vaine affectation de raison est Fusage le plus sensé qu'H puisse faire de la raison même ; que la soumission qu*il réfèse par un faux sentiment d*ôrgucil en est la démarche la plus glorieuse ; et enfin que la soumission qu'il rejette, par un amour mal placé dlndépcndance, en est le sacrifice le plus indîspçpsabla.JBt de là je tirerai les trois grands caractères de la religion : elle qsl raisonnable ; elle est glorieuse ; elle est nécessaire.
O mon Sauveur, auteur ^têmel eteonsommateur de notre foi,défendez vous-même votre doctrine, ^e souffrez pas que votre croix, qui vous a soumis Tunivers , soit encore la folie et le scandale des
^esprits supé^hes. Triomphez encore aujourd'hui, par les prodiges se-, crcts de votre grâce, de la même incrédulité dont vous triomphâtes autrefois par les opérations éclatantes de voire puissance ; et détruisez par ces lumières vives qui éclairent lés cœurs, plus eflk^ces que tous nos disoQurs, toute hauteur qui s'élève encore contre là
. sdence de vos mystères. Ave , Maria.
PRSm&RE PARTIS.
Commençons par convenir d'abord, mes Frères, que c'est ki foi, et non pas la raison , qui fait les chrétiens ; et que la première démarche qu'on exige d'un disciple de Jésus-Christ, est de captiver son eq>rit^et de croire cequ'il ne peut comprendre. Cependant je dis que c'est, là raison elle-même qui nous conduit à cette soumission ; que plus même nos lumières sont supérieures , plus dlcs nous font sen tir la nécessité de nous soumettre ; et que le parti de l'incrédulité, loin d'être le parti de la force d'esprit cl de la raison, est, celui de l'égarement et de la foiblesse.
La raisona donc ses usages dans la foi, comme elle a ses bornes: et epmme la loi, bonne et sainte en elle-même, ne servoit pourtant qu'à conduire les hommes à Jésus-Christ, et s'arrêtoit là comme à son t^erine ; do même la raison, bonne et juste en elle-même, puisqu'elle est un don de Dieu et une participation de la raison souveraine, ne doit servir, et no nous est donnée que pQur nous frayer le cbemiu à la foi. fille est téméraire et sort des bornes de sa première institutipn, si elle veut aller au-delà de ces bornes sacrées.
Ççla supposé, voyons lequel des deux fait un usage plus sensé de sa raison, 01^ le fidèle qui croit, ou Tipcrédule qui remise de croire. La soumission à des faits qu'on nous propose de croire peut être soupçonnée de crédulité, ou du côté de Tautorité qui nous persuade; si eUe est légère, c'est foiblesse d'y ajouter foi : ou du côté des choses qu'on veut nous persuader; si elles sont opposées aux principes de réquité, de l'honnêteté, de la société, de la oonsdeuoe. c'est igno-
184 LB lEUDl APRES LES GEHDUSS.
ruoe de les iweroir oomiM TMlMes s oa eiifltt da ^ f!oiitOQ se sert poâr nous persuader; s*!b soot raii», Myok», inoB* pables de déterminer on esprit sage, c'est imprudence de s'y laisser surprendre. Or il est aisé de montrer que Tautorité qui exige la soumission du fidèle est la plus grande, la plus respectable,la mieux étaUie qui soit sur la terre ; que les vérités qu'on veut lui persuader sont les seules conformes aux principesde Féquité, de l'Iionnéteté, de la société, de la conscience ; et enfin que les motib dont on se sert pour le persuader sont les plus décisifs, les plus triomphants, les plus propres à soumettre les esprits les moins crédules.
Quiand je parle de l'autorité de la religion chrétienne, je ne prétends pas restreindre retendue de ce terme k la seule autorité de ces assemblées saintes où VÉglise, par la bouche de ses pasteon, fœrme des décisions, et propose à tous les fidèles les règles infailliblei du culte et de la doctrine. Comme ce n'est pas l'hérésie, maii Tincrédidité, que ce discours regarde, je ne considère pas tant id la religion comme opposée aux sectes que l'esprit d'erreur a séparées dcruiàté, c'est-^i-dire, comme renfermée dans la seule Eglise catbo* lique, que comme f<»iDant depuis la naissance du monde une so* ciété à part, seule dépositaire de la connoissance d'un Dieu et de la promesse d'un médiateur, toujours opposée à toutes les religions qui se sont depuis éleyées dans l'univers ; toujours contredite et toujours la même; et je dis que son autorité porte avec die des caractères si éclatants de yérité, qu'on ne peut sans extravagance rdhiser de s'y soumettre.
En premier lien, Tancienneté en matière de religion est un caractèi« que la raison respecte ; et l'on peut dire qu'une croyance consacrée par la religion des premiers hommes, et par la simplicité des premiers temps, forme déjà un préjugé en sa faveur. Ce n'est pas qoe le mensonge ne se glorifie souvent des mêmes titres, et qu'il n'y ait parmi les hommes de vieQles erreurs qui semblent disputer, avec la vérité, de l'ancienneté de leur origine. Mais, à qui yeuten sutyre lliistoire, il n'est pas malaisé de remonter jusqu'à leur naissance. La nouveauté se trouve toujours le caractère le plus constant et le plus inséparable de l'erreur, et l'on peut leur faire à tontes le reproche du prophète : iVopi recentesque yenenuU , quos non coluerunt paires eortim (Dkut.« xxxiu 17).
En effet, s'il y a une véritable religion sur la terre, elle doit être la plus ancienne de toutes ; car s'il y a une véritable religion sur la terre, elle doit être le premier et le plus essentiel devoir de l'homme enyers le Dieu qui veut en être honoré, n fout donc que ce deyoir soit aussi ancien que l'homme ; et comme il est attadié à sa nature» il doit, pour ainsi dire, être né ayec lui. Et voilà, mes Frères, le premier caractère qui distingue d'abord la religion des dirétiens des supcnlitioni et des sectes. C'est k plus ancienne rdigion qui soit au mondft Les premiav hommes, avant qu'un culte impie se f&t taUlé des divi*
VÉ&rrÉ DE LA RELIGION. ftSS
oHés de bois et de pienre, adoiteent k même INea que Doos «dorons, lui dressèrent des autels, lui offrirent des sacriâces, attendirent de sa libàraUté la récompense de leur vertu, et de sa justice le châtiment de leur désobéissance. L'histoire de la naissance de cette religion est riûstoire de la naissance du monde même. Les livres divins qui l'ont conservée jusqu'à nous renferment les premiei;» monuments de l'origine des choses. Ils sont eux-mêmes plus anciens que toutes ces productions fabuleuses de l'esprit humain, qui amusèrent si tristement depuis la crédulité des siècles smvants ; et comme l'erreur natt toujours de la vérité, et n'en est qu'une vicieuse imitation, c'est dans les principaux traits de. cette histoire divine que les tables du paganisme trouvèrent leur fondement : de sorte que l'on peut dire qu'il n'est pas jusqu'àl'erreur qui ne rende par là hommage à l'anciennetéet à Tautorité de nos saintes Écritures.
. Or, mes Frères, ce caractère tout seul n'a-t-il pas déjà quelque chose de respectable? Les autres religions qui se sont vantées d'une origine plus ancienne ne nous ont donné pour garants de leur antiquité que des récits fabuleux, et qui tomboient d'eux-mêmes. Ils ont défiguré l'histoire du monde par un chaos de siècles innombrables et imaginaires, dont il n'est resté aucun événement à la postérité, et que rhisloire du monde n'a jamais connus. Les auteurs de ces grossières fictions n'ont écrit que plusieurs siècles après les faits qu'ils nous racontent, et c'est tout dire d'ajouter que celte théologie fut le fruit de la poésie ; et les inventions de cet art, les plus solides fondements de leur religion.
Ici c'est une suite de faits raisonnables, naturelle, d'accord avec ^c-même. C'est l'histoire d'une famille continuée depuis son premier chef jusqu'à celui qui l'écrit, et justifiée dans toutes ses drjonstanc^. C'est une généalogie où chaque chef est marqué par ses prqires caractères , par des événements qui subsistoient en« :ore alors, par des traits qu'on rcoonnoissoit encore dans les liénx qu'ils avoient habités. C'est une tradition vivante la plus sûre qu'il f eût alors sur la terre, puisque Moïse n'a écrit que ce qu'il avoit ouï dire aux enfants des patriarches, et que les enfants des patriarches ne rapportoient que ce que leurs pères avoient eux-mêmes vu. Tout d'y soutient, tout s'y suit, tout s'y éclairât de soi-même. Les traits n'en sont pas imités, ni les aventures puisées ailleurs, et accommodées au sujet. Avant Moise, le peuple de Dieu n'avoit rien d'écrit. U n'a laissé à la postérité que ce qu'il avoit recueilli de vive voix de ses ancêtres, c'est-à-dire toute k tradition du genre humain ; et le premier il a rédigé en un volume l'histoire des merveilles de Dieu et de ses manifestations aux hommes, dont le souvenir avdt fait jusque-là toute la religion, toute la sdenee et toute la consolation de la famille d'Abraham. La bonne foi de cet auteur parott dans la nalv^deson histoire. Il ne prend point de précaution pour être cru, pâroequ'U suppose que ceux pour qui 11 écrit n'eo ont pas beioia poôr croirai
•e^ LE fBxjm AÇRfs u^ jqisf^
et qu'il ne raconte q^^ de^ fait^ publics pânni eux , plalM peur en conserver la oiémoirc à leurs descendants que pour les en'instnili^
eux-mêmes. ,
Voilà, mes Frères, par où ta religion dirëtlenne comiidlencè à s'acquérir du crédit sur Tesprit des hommes. Toamez-vons de tous 1^ côtés, lisez l'histoire des peuples et des nations, vous ne (rouyeréz rien de mieux établi sur la terre ; que dis-je I rien même qui mérite les attentions d'un esprit sensé. Si les hommes sont nés pourtine religion, ils nesoiithésquepour celle-d. S'il y a un être souverain qui ait montré la vérité aux hommes, Il n'y a que celle-ci qui soit'dignod^îs .hommes et de lui. Partout ailleurs Torigine est fabuleuse : icf elle est aussi sAre que tout le reste ; et les dérniersàges, qu*on ne pont contes- 'icf, ne sont p «irtint que les preuves de la certitude du premier. Donc, s'il y a w.... autorité dans le monde à laquelle la raison doive «céder, c'est à celle Ve la religion chrétienne. ^ '"
. Au caractère de oon < cicuueté, il Tant ajouter celui de sa perpétuité. Représentez-vous ici cotte variété inflniè de religions et de .sectes, qui ont régné tour à tour sur la terre; suivez l'histoire dés superstitions de chaque peuple et de chaque pays, elles ont duré an .certain nombre d'années, et tombé ensuite avec la puissance de leurs .sectateurs. Où sont les dieux d'Emath, d'Arphàd et de SepharvaTm? .Rappelez llitstoire de ces premiers conquérants : ils vàinquoient les dieux de3| peuples en vainquant les peuples eux-mêmes, et abolissoient leurs cultes on renversant leur domination . Qu'il est beau, mes Frères, de voir la religion de nos pères toute seule se maintenir dés le commencement, survivre à toutes les sectes, et malgréles diverses fortunes de ceux qui en ont fait profession, passer toujours des pères aux enfants, et ne pou voir jamais être effacée d u cœur des hcimmes ! Ce n'esl -pas un bras de chair qui l'a conservée. Ah ! le peuple fidèle a presque toujoursété foible, opprimé, persécuté. Non, ce nVst pas par le glaive, comme dit le prophète, que nos pères possédèrent la terre : Nec enim ingUulio suo posêederunt ierram (Ps. xuii, 4). Tantôt esclaves, tautôt fugitifs, tantôt tributaire9 des nations. Os virent mille fois la Chaldée, l'Assyrie, Babylone, les puissances les plus formidables de la terre, tout l'univers conjurer leur ruine et l'extinction entière de leur culte: mais ce peuple si foiblc, opprimé en Égypie, errant dans on désert, transporté depuis captif dans des provinces étrangères, n'a jamais pu être exterminé, tandis que tant d'autres plus puissants ont suivi la destinée des choses humaines ; et son culte a toujours subsisté avec Im' , malgré tous les efforts que chaque siècle presque a hits pour le détruire.
Or d'où vient, mes Frères, qu'un culte si contredit, si pénible par ses obiervances, si rigoureux par les châtiments dont il punissoit les transgresseors, si aisé même à s'établir et à tomber par Finconstance et la grossi^^é toute seule du peuple qui en fut A'^hord dépositaire ; d'oà vient qu'il s'est seul nerpétué dans le monde au milim de tant
VÉRITÉ DE LA RELIGlÔlf. Wl
dorèfolafions, tandis qae les superstitions sôuleniies de la |, des empires et d(*s royaumes sont retombées dans le^néant d'où elles étoient sorties? Eb! n'est-ce pas Dieu, et non Thomme, qui a fait toutes ces choses? N'est-ce pas le bras du Tout-Puissant qui a ocm»serve son ouvrage? Et puisque tout ce que Tesprit huniaiii avoil inventé a péri, ne faul-il pas conclure que ce qui a toujours demeuré étoit seul Touvrage de hi sagesse divine? JVonne Deus feeit htuc omnia , et non homo ?
Enfln, si, à son ancienneté et à sa perpétuité, vous ajoutez son uni* formité, il ne restera plus de prétexte à la raison pour se défendre. Car, mes Frères, tout change sur la terre, parreque tout suit la nra^ tabiltté de son origine. Les occasions» les différences des 8ièdes,les diverses humeurs des climats^ la nécessité des temps, ont introduit mille ehangementsà toutes les lois humaines. La foi seule n'a jamais changé. Telle que nos pères la reçurent, telle Pavons nous aujouT;» d'hui, telle nos descendants la recevront un jour. Elle s'est développée par la suite des siècles, et par la nécessité de la garantir des arreurs qa'on véuloit y mêler, je l'avoue ; mais ce qui une fois a paru lui appartenir, a toujours paru tel U est aisé de durer, quand t>n s'accom mode aux temps et aux conjonctures, et qu'on peut ajouter ou diminuer, selon le goût des siècles et de ceux qui gouvernent : mais ne jamais rien relâcher, malgré le changement des mœurs et des temps| ▼oir tout changer autour de soi, et être toujours la même, c^est le grand privilège de la religion chrctiiume. Et par ces trois caractères d'ancienneté, de perpétuité et d'uniformité , qui lui sont proprea , son autorité se trouve la seule sur la terre capable de déterminer un esprit sage..
Mais si la soumission du fidèle est raisonnable du côté de l'autorité qui l'exige, elle ne Test pas moins du c6té des choses qu'on lui propose de croire. Et id, mes Frères, entrons dans le fonds du culte des chrétiens. Il ne craint pas d'être vu df< près, comme ces mystères alNK minables de l'idolÀtrie dont les ténèbre cachoient la honte et l'hor^ reur. Une religion, dit Tertullien, qui n'aimeroit pas d'être approfondie et qui craindroitrexamen., seroil suspecte : Cœtmtm suspecta est Ux quœprobari non pult. Plus vous approfondisseï leenlte des chrétiens, plus vous y trouvez de beautés et de meTvellies cachées. L'idolâtrie inspiroit â rhommê des sentiments insensés de la Divinité; h philosophie, des sentiments peu raisonnablesde lui-même fla^upidité, des sentiments injustes envers les autres hommes. Or admirea la sagesse do la religion qui remédie â ces trots plaies, que la raison de tous les siècles n'avoit jamais pu ni guérir^ ni même eoniiMre.
Et premièrement, quel autre législateur a parlé de la Divinité oomine ceini des di^étiens ? Trouveif aiUfurs, si vous le pouvea, dci idées plus subKmés de sa puissance^ de 'Son imihensilé, de sa saf^sse, (te fli'boQtèf de sa justice^ que celles <iue nous en donnent iioa-fiarîlurea, Slîy a au-dessus de nboaiHi Etreauiiréme'ot éteniBl • «Afiii
Itt» LE JEUDI APRÈS LES GENDKË^*
kmla dnsn ment, il bal qu'il soit td qipc la religiop chrélieiuie le représente. Nons senls ne le comparon&iMs à la ressemblance de fboiBine. Noos senls Tadorons assis sur les chérubins, remplissant lOQt par sa présence, réglant tout par sa sagesse, créant la lumière cl les ténâires, auteur du bien, yengeur du vice. Nous seuls l'honorons oonme il yent être honoré : c^est-à-dire nous ne faisons pas consister le culte qui lui est dû, en la multitude des yictimes, ni dans l'apparefl extérieur de nos hommages ; mais dans radoration, dans l'amour, dans la louange, dans l'action de grâces. Nous lui rapportons le bien qui est en nous, comme à son principe ; et nous nous attribuons toujours le vice, qui n'a sa source que dans notre corruption. Nous espérons de trouTer en lui la récompense d'une fidélité qui est le don de sa grâce, et la peine des trangressions qui sont toujours la suite du mauvais usage que nous faisons de notre liberté. Or quoi de plus digne de l*Ètre souverain que toutes ces idées ?
En second lien, une vaine philosophie, ou avoit dégradé l'homme jusqu'au rang des bétes, en lui faisant chercher sa félicité dans les sens ; ou Tavoit follement élevé jusqu'il la ressem* Uance de Dieu , en lui persuadant qu'il pouvoit trouver son bonheur dans sa propre sagesse. Or la morale des chrétiens évite oes deux excès : elle retire l'homme des plaisirs charnels, en lui découvrant l'excellence de sa nature et la sainteté de sa destination -, elle corrige son orgueil, en lui faisant sentir sa misère et sa bas-
Enfin, la cupidité rendoit l'homme injuste envers les autres hommes. Or qudle autre doctrine que celle des chrétiens a jamais mieux réglé nos devoirs a cet égard ? Elle nous apprend à obéir aux puissances , comme établies de Dieu , non-seulement par la crainte de l'autorité, mais par une obligation de conscience f à respecter nos maîtres, souffrir nos égaux, être affables envers nos inférieurs, aimer Ions les hommes comme nous-mêmes. Elle seule sait former de bons citoyens, des sujets fidèles , des serviteurs pa« ttenls, des maîtres humbles, des magistrats incorruptibles, des princes déments, des amis véritables. Elle seule rend inviolable ia bonne foi des mariages, assure la paix des familles, maintient la trampilllilé des états. Non-seulement elle arrête les usurpations, mais die interdit jusqu'au désir d'un bien étranger i non-seulement die ne veut pas qu'on regarde d'un œil d'envie la prospérité de son firère, mais die ordonne qu'on partage avec lui son propre bien lorsqu'il en a besoin : non-seulement elle nous défend d'attenter à sa vie, mate die veut que nous fassions du bien à ceux mêmes qui nous font du mal; que nous bénissions ceux qui nous maudissent, et qne nous n'ayons tous qu'un cœur et qu'une ame. Donnez-moi, disoitautrefoissaint Augustinanx palensde son temps, unroyaome tout composé de gens de cette sortes bon Dieu! quelle pdx! quelle IHioilé! qadle image du cid sur la terrel Toutes les idées de b
: VÉRITÉ BE LA BELlGiÇW. 9M
p{i|lo!K)pbie ont-elles jamais approché da plan de cette répabliqne céleste? et a'est-il pas vrai que si un Dieu a parlé aux bommt'S pour lair montrer les voies du saluL , il n'a pu leur tenir un autre langage?
U est yrai qu'à toutes ces maxjmes si dignes de la raison , la re^ ligion ajoute des mystères qui nous passent. Mais, outre que le bon sens Youloit qu'on se soumit là-dessus à une religion si vénérable dans son antiquité, si divine dans sa morale, si supérieure à tout ce qui est sur la terre dans son autorité « et la seule digne d'être crue, les motifs dont elle se sert pour nous persuader achèvent de forcer l'incrédulité.
Premièrement. Ces mystères ont été prédits plnsienrs siècles avant leur accomplissement, et prédits avec toutes les circonstances des temps , des lieux et des moindres événements : et ce ne sont pas ici de ces prophéties vagues, renvoyées à la crédulité du simple vulgaire , qu'on débite dans un coin de la terre , qui sont toujours 4a même âge que les événements , et qu'on ignore dans le reste de l'univers. Ce sont des prophéties qui ont fait, depuis la naissance du monde, tonte la religion d'un peuple entier : que les pères trans- Bdettoient k leurs enfants comme leur plus précieux héritage ; qui étoient consbervées dans le temple saint comme le gage le plus sacré des promesses divines ; et enGn , dont la nation la plus ennemie de Jésiû-ChrisI, qui en a été la première dépositaire, atteste encore aiqoord'hni la vérité à la face de Tunivers : des prophéties qu'on pe cachoit point mystérieusement au peuple, de peur qu'il n'en décou* ▼rit la fausseté , comme ces vains oracles des sibylles resserrés avec sain dans le Capitole, fabriqués pour soutenir Torgucil des Romains^ exposés aux. yeux des seuls pontifes^ et produits de temps en temps par morceaux, pour autoriser dans l'esprit du peuple, ou une entreprise périlleuse, ou une guerre injuste. Id, nos livres prophétiques étoient la lecture journalière de tout un peuple. Les jeunes et les vieillards « les femmes et les enfants, les prêtres et les hon)imes du oommuDy les rois et les sujets dévoient les avoir sans cesse entre les mains: chacun avoit droit d'y étudier ses devoirs , et d'y découvrir seseq>érances* Loin de flatter leur orgueil, ils ne leur parloient que de l'ingratitode de leurs pères : ils leur annonçoient à chaque page des roâbeurs, comme le juste diàtiment de leurs crimes ; ils rcprochoient aux rois leur dissolution, aux pontifes leurs injustices ; aux grands leur profusion , an peuple son inconstance et son incrédulité; et cepeodaat ces livres saints leur étoient chers; et par les (vadea qo'ibr voyoient s'accomplir tonales jours , ils attendoient avec confiance l'accomplissement de ceux dont tout l'univers est ^jowd'lmi tAmoln. Or la connaissance de l'avenir est le caractère le Boins sqspeci de la di vimté.
Secondement», Ces n^ystères sont fondés sur des faits miraculeux li édataalty si pabHcs dans la Judi'H^, si convenus alors même pas
éké LE JBm>I APRÈS LES CENDRES.
ceux qui avoieot intérêt de les nier, si marqués par des érénetneiiii qui inlércssoient tonte la nation , si répétés dans les villes, dans les campagnes, dans le temple, dans les places publiques, qu'il faut fermer les yeux à la lumière pour les révoquer en doute. Lrâ apôtres les ont prêches, les ont écrits dans la Judée même peu de temps après leur accomplissement , c'est-à dire dans un temps oii les pon tire^qui avoient condamné Jésus-Christ, encore vivants, auroient pu les confondre et crier à rimpf)Sture , s'ils avoient imposé au genre humain. Jésus-Christ , en ressuscitant selon sa promesse , conOrma son Évangile. Et Ton ne peut supposer ni que les apôtres' se soient tromp(^s sur ce fait si décisif , si essenliel pour eux ; sur ce faiit tant de fois prédit, aU<*ndu comme le point principal ou tout le reste se rapporloît ; ce fait tant de fois confirmé et devant des témoins si nombreux: ni qu'ils aient voulu nou« tromper' euxmêmes , et aller prêcher aux hommes un mensonge aux dépens de Teur repos, de leur honneur et de leur vie, le seul prix qu'ils at-' tendoient de leur imposture. Ces hommes, qui ne nous ont laissé* que des enseignements si sages et si pieux , auroient donc donné i la terre un exemple d'extravagance inconnu jusqu'à eux à tous les' peuples, et se seroient , de sang-froid , sans vue , sans intérêt , sans motif, dévoués aux tourments les plus affireux, et à une mort souCTerte avec une piété héroïque, seulement pourallei^ soutenir la vérité d'un fait dont ils connoisspient eux-mêmes la fausseté? Ces hommes seroient tous .morts tranquillement pour un autre homme qui les auroil trompés, et qui, n'ayant pas ressuscité, comme il l'avoit promis, se seroit joué pendant sa vie de leur crédulité et de leur Kriblesse? Que l'impie ne nous reproche' plus, comme urfK crédulité, les mystères incompréhensibles de la foi. Il faut qu'il soit bien crédule lui-même , pour pç>uvoir se persuader des suppositions si incroyables.
Enfin la foi de ces mystères a trouvé tout Funivers docile : les césars, qu'elle degradoit du rang des dieux ; les philosophes, qu'elle convainquoit d ignorance et de vanité ; les voluptueux, à qui elle ne prêchoil que des crpix et des souffirances; les riches, qu'elle obligeoit à la pauvreté et au dépouillement ; les pauvres, à qui elle ordonnoît d'aimer leur abjeclîonet leur indigence; tous les hommes, dont 'elle comballoît ttmtes les passions. Celte foi prêchée par douxe , pauvtcs sans science , sans talent , sans appui, a soumis les empe- . reuirs^ les savants, les ignorants, les villes, les empires. Des mystères si insensés en apparence ont renversé toutes les sectes et tous les mônumëpts d'une orgueilleuse raison ; et la folie de la croix a été plus isàge que toute la sagesse An siècle. Que dis-je? tout l'univers a conspiré rorttre elle, et les efforts de ses ennemis l'ont affermie. Être fidèle et être destiné à la mort étoientdeox choses i» béparables ; et cependant le danger étoil un ncKivet attrait t plus les pcnëcations étoient violentes , plus la foi falsott dé progrès ) et le
VERITE DÉ LA HELIGION*. ' * siï-
9Ui^ in ,wwijfn éUnt la semence des fidôlès. 0 Died! tpû ne scntiroit^id Yotre doigt? qui ne reconnoitroit à ces traits 1^ caractère de votre oavrage? Où est la raison qui ne sente tomber ici I^ vanité de ses doutes , et qui rougisse encore de se soumettre à une doctrine qui a soumis tout l'univers? Mais non-seulement cette soumission est raisonpable , elle est encore glorieuse à Ftiomme.
DSUXIÈlfB partie/ '
^oq^aeil est la source secrète de rincréduUlé. Il y a dans cetk ostenlation de raison^ qui bit mépriser à Fincrédole la croyance comiime, une déplorable singularité qui le .flatte, et faU qu'il suppose en loi plus de force et de luâiière qU&dans le reste des hommes, parce qu'il a osé secouer on- joug qui les assujétii tous, et contredire témérairement ce que les autres jusqu'à lui s'étoient contentés d'adorer.
Or, iNMorOter à Tincrédule une si aflireuse consolation , il n'y a qu'à démontrer d'abord qu il n'est rien de plus glorieot à ia raison que la foi : glorieux du côté des promesses qu'elle renfiernie pour l'avenir, glorieux par la situation eu elle met le fidèle -pour le présent ; glorieux enfin du cùté des grands modèles jqu^aUe loi propose à imiter.
Glorieux du côté des promesses qu'elle renferme. Qorilea iotà les promesses de la foi , mes Frères? L'adoption de Dieu , ttoeaa* dété immortelle avec loi, la rédemption parfaite de nos eoaps^ Kéternelle f&llcité de nos âmes , là délivrance des passioés^ nda emars fixés par la possession du bien véritable, nos esprits péné^ très de la lumière Ineffable de la raison souveraine , et heureux par la vue claire et toujours durable de la vérité. Telles sont les pr^ messes de la foi : elle nous apprend que notre origine est diviue , et nos espérances éternelles.
Or, je vous demande, est*il honteux à la raison de croire des vé« rites qui font tant d'honneur à l'immortalité de sa nature? Ehl quoi, mes Frères , seroit-il donc plus glorieux à Thomme dé se croire de la même nature que les bétes, et d'attendre la même fin? Quoi ! l'incrédule croiroit se faire plus d'honneur en se persuadant qu'il n'est qu'une vile boue , que le hasard a assemblée , et que le hasard dissoudra, sans fin, sans destination, sans espérance, sans aucun aulro usage de sa raison et de son corps , que oeldi de se plonger brutalement comoie les animaux dans les voluptéschameÛes ! Quoi I il auroit meilleive opinion de lui-même , en se regardant oonme uu Infortuné que le hasarda placé sur la terre, qui n'allend rien aa« delà de la vie , dont la plus douce espérance est de retomber bientôt diina le néants qui ne tient â aneun être hors de lui ; qui est réduit l'ttfOttver ai lokméBie sa iëlidté; quoiqu'il n'y Ifowe que dès in-. qaMtttM€ldeirtékrw#8 Betretas!'£sl-œ donc là cette afr^ M. 1. 16
«a V& JStlDi APKkS LES C&NBRES.
dneHon qui flatte tant rorgoeO de riDcrédale ! Grand IMeii!q[an est glorieazà rotre yèrité de û'ayotr pour ennemis qne des iMmuMi de ce caradèrel Pour moi , disoit autrefois saint Ambroise < Atta., Orat, de rtgurrecdone) anx incrédules de son temps, je me ftia Iwnnenr de croire des rérités si honorables à l'homme : JupiU hoe erederef d'attendre des promesses si consolantes : Sperare délectai. C'est se pnnir bien tristement soi-même que de refuser de les croire : JVbii eredidUse pœna est. Ah! si je me trompe en aimant mieux attendre rétemelle société des Justes dans le sein de Dieu , que me croire de la même nature que les bêtes; c'est une erreur que j'aime, qui m'est diére, et dont je ne veux jamais être détrompé : Çuoà M in hoeerro^ quodme angeliepùii mortem sociare moto quàm beitiiê , iibenier in hoe erro^ née tinquâm ab hdc cpinione^ dum nipo yfraudari paiiar ( Avaa., Orat, de resurrectione).
Mais si la foi est glorieuse du €6té des promesses qu'elle renierme pour l'ayenir, elle ne Test pas moins du côté de la situation on die met le fidèle pour le présent. Et ici , mes Frères , rqHnésenlez-Tous on vérilaide Juste qui vit de la foi, et vous avouerex qu'il n'est rien de si grand sur la terre. Mettre de ses désirs , et de tous les mouvemenls de son coeur $ exerçant un empire glorieux sur lui-même ; pos* aédant son ame dans la patience et dans l'égalité, et régissant toutes ses passions par le frein de la tempérance ; humble dans la prospéitté, constant dans la disgrâce, joyeux dans les tribulations, paisible avec ceux qui haïssent la paix, insensible aux injures, sensible aux attctions de ceux qui l'outragent, fidèle dans ses promesses, religienx dans ses amitiés, inébranlable dans ses devoirs; peu touché des richesses, qu'il méprise,- embarrassé des honneurs, qu'il cr^t; plus grand que le monde enti^, qu'il r^arde comme un monœapi de poussière s qndle élévation 1
La philosophie ne détruisoit les vices que par le vice. Elle n'apprenoit avec faste à mépriser le monde , que pour s'attirer les apl^udissements du monde : elle cherchoit plus la gloire de la sagesse, que la sagesse elle-même. En détruisant les autres passions, «De en élevoit toujours une plus dangereuse sur leurs ruines^ jf veux dire, l'orgueil : semblable à ce prince de Babjlone, qui n'avc^t renversé les autds des dieux des nations , que pour élever sur leurs débris sa statue impie, et ce colosse monstrueux d'orgueil qu*il voulut faire adorer à toute la terre.
Mais la foi élève le Juste au-dessus de sa vertu même. Elle le rend encore plus grand dans le secret dn cœur, et aux yeux de IHeu , quedevant les hommes. Il pardonne sans orgueil \ il est déftinléressé sans fiiste ; il souffre sans vouloir qu'on s'en aperçoive ; il ttiodère ses passions sans s'en apercevoir lui-même ; lui seul ignore h gMre et le aMte de ses actions; loin de jeler des. regards de eaaiplaisaweimr lui-même, il a honte de ses vérins;. |l«»4oe:le pêcheur n'enn de ses vices; loin de dMrehBr.d'dlntap|diiNK|;.0
VERITE DE LA RELIGION. Stô
cachexies ombres de)aauère, comme si c'étoient des œuvres de ténèbres ; il.B'entre dans sa yerluqao Farnoor du devoir; il n'agit que sous les yeux de Dieu seiri, et comme s'il n'y avoit plus d'hommes sur la terre : quelle ^évation ! Trouvez, si vous le pouvez, quelque chose de plus graiid d^nsl'univers. Repassez sur tous les divers genres de gloire dont le monde honore la vanité des hommes ; et voyez si tous ensemble ils peuvent attandre à ce degré de grandeur ou la foi âève l'homme de bien.
Or, mon cher Àuditeiir , quoi de plus honorable à l'homme que cette situation? Je vous le demande , le trouvez- vous plus glorieux» plus respeetaUe, plus grand , lorsqu'il suit les impressions d'un iastinettaFiital; qu'il est esclave delà haine, de la vengeance, de la vokipté, de l'ambitioa , de l'envie, et de tous ces monstres qui rè gnont loiir A tour dans son cmur?
Gar, vous qui vous faites honneur de ne pas croire , savez- vous Uen ce qpe c'est qu'un incrédule? C'est un homme sans mœurs , sans probité, sans foi , sans caractère, qui n'a plus d'autre régie que ses pasdons, d'autre loi que ses injustes pensées, d*autre maître que ses désirs, d'autre frein que la crainte de rautôrilé , d'autre Dieu que lni*méme; enfant dénaturé , puisqu'il croit que le hasard tout seul lui a donné des pères ; ami infidèle, puisqu'il ne regarde les hommes que comme les fruits d'un assemblage bizarre et fortoit) auxquels il ne tient que par des liens passagers ; matlre cruel» puisqu'il es4 persuadé que c'est le plus fort et le plus heureux qui a loqours raison. Car qui pourroit désormais se lier à vous? Vous ne craignez plus de Dieu ; vous ne respectez plus les hommes ; vous n'attendez plus rien après cette vie : la vertu et le vice vous paroissent des préjugés de l'enfance, et les suites de la crédulité des peuples. Les adultères, les vengeances, les blasphèmes, les perfidies noires, les abominations qu'on n'oseroit nommer, ne sont plus pour TOQs que des défenses humaines , et des polices établies par la poli* tique des législateurs. Les crimes les plus affreux, et les vertus les plus pures, tout est égal selon vous, puisqu'un anéantissement éter* nd va bientôt égaler le juste et l'impie, et les confondre pour toujoofB dans l'horreur du tombeau. Quel monstre étes-vous donc sui la terre? L'idée qu'on vient de vous donner de vous-même flattel-elle beaucoup votre orgueil? et pouvez-vous en soutenir la seule
D^aiOeurs, vous faites honneur de votre irrâigion à la force de toire eqiril; mais allet à la source. Qui vous a mené au libertimgfbî n'esta pas la corruption de votre cœur? Tous seriez-vous jamais avisé d'être impie, si vous aviez pu allier la religion avec vos sf Yons avei commencé à douter d'une doctrine qui génpit issfoDS; et vous Favec crue lausse, dès qu'elle vous est de- »inooaiBiode. Yousavezcberchéi vous persuader ce que vous aviez ûB si giand intérêt de crofare^we tooi mooroit sivee nous ; qM
9kk LE JËtTDI APRÈS LES CENDRES.
les peines éternelles étoicnt des terreurs de rédncatioiiî <|ue kl penchants nés avec nous ne pouvoient être des criikies ; que sais^je? et toutes ces maximes de libertinage sorties de Tenfer. On croit aisé» ment ce qu'on désire. Salomon n'adora les dieux des femmes étrangères, que pour se calmer sur ses dissolutions. Si les hommes nV Yoiont jamais eu de passions, ou si la religion les avoit autorisées, il n*auroit jamais paru dincrédule sur la terre. Et une preuve que je dis vrai , c'est que, dans les moments où tous éles dégoûté du crime , vous vous tournez , sans vous en apercevoir, vers la religik>n ; dans les moments où vos passions sont plus calmes, vos doutes diminuent; vous rendez comme malgré vous un hommage secret au fond de votre cœur à la vérité de la foi ; vous avez beau VuBoir btir , vous ne pouvez réussir à réteindre : c'est qu'au premier rignal de la mort, vous levez les yeux au ciel , vous reconnuissec le INëu qui vous firappe , vous vous jetez dans le sein de votre Père et de TAutcur de votre être ; vous tremblez sur un avenir que vous vous étiez vanté de ne pas croire ; et humilié sous la main du Tout-Puis^ sant prête à tomber sur vous et à vous écraser comme un ver ds terre, vous avouez qu'il est seul grand , seul sage, seul immortel, et que l'homme n'est que vanité et que mensonge
Enfin , si mon sujet avoit besoin de nouvelles preuves , je vous montrerois combien la foi est glorieuse à l'homme du côté des grands modèles qu'elle nous propose à imiter. Souvenez-vous d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, disoient autrefois les Juifs à leurs enfants. Sou* venez-vous des saints hommes qui vous ont précédés, à qui leur foi a mérité un tëmoignagesi avantageux, disoitsaint Paul (Heur., ii, 39) aux fidèles après leur avoir rapporté, de siècle en siècle, dans ce beau chapitre de sa lettre aux Hébreux, leurs noms et les circonstances les plus merveilleuses de leur histoire.
Voilà l'avantage de la foi chrétienne. Rappelez tous les grands hommes qu'elle a fournis dans tous les siècles; des princes si magnanimeSf des conquérants si religieux, des pasteurs si vénérables, des philosophes si édairés , des savants si estimés , de beeux-^prHs si vantés dans leur siècle, des martyrs si généreux, des anachorètes SI pénitents , des vierges si pures et si constantes , des héros en tout genre de vertu. La philosophie préchoit une sagesse pompeuse; oiais son sage ne se trouvoit nulle part. Ici quelle nuée de témoins ! quelle tradition non interrompue de héros chrétiens, depuià le sang d'Abd jusqu'à nous!
Cr , je vous demande , rougîrez-vous de marcher sur les traces de tant de noms illustres? Mettez d'un côté tous les grands hommes fùe la religion a donnés au monde dans tous les sièdes, el de Tautn! oMé oe petit nombre d'esprits noirs et désespérés que rincfMnlité à produite. Vous paro!t-il plus glorieux de vous ranger dans ce dérider parti : de prendre pour vos guides et pour vos modèles ces hoonncs dont les nom? ne ^e fr^«wi»Anf à notre smrvenir tiu'awe