I . Dont nous devons tons porter le fardeau
192 Baliverneries
rant de plus loin, disoit que ayant au plus habité la maison un ou deux jours de quelque laboureur, il lui faisoit mille maux, comme la mener à toutes heures aux champs, et là extraordinairement travailler, tracasser, aller aux vignes, fendre du bois, fagoter, relier tonneaux, moissonner; somme, tant barbouiller, qu'elle vouloît et concluoit par ses moyens que s'il avoit délibéré la tenir là plus longuement en cet estât, qu^elleprotestoit d'injure, de tous dommages et interestz^ n'entendant toutefois aucunement le fascher, et que si elle estoit trop importune, qu'il pardonnast à son naturel. Voylà sa requeste, laquelle Jupiter ne voulut depescher sans que préalablement n'eust vu celle de Thyraigne, qui ne concluoit qu'au contraire, et à toutes forces demanr doit congé de librement habiter les maisons des pauvres gens, quitant, cédant et transportant le droit qu'elle pouvoit prétendre aux maisons des riches, qui n étoit pas petit, ainsi qu'elle Taffermoit à madame la Goûte, là présente. Car, au moyen qu'on la brouilloit, tourmentoit sur son escot, chassoit avec force balais, estant autant asseuree de sa demeurance comme un pont sur rouelles ', n'entendoit aue de plus y estre, implorant Sa Majesté lui assigner quelque coing où elle peut seurement et librement balîverner, autrement qu'elle entendoit (sauf sa discrétion) venir habiter avec lui , avoir lettres d'estat et estre de ses commensaux. Beaucoup d'autres bonnes choses estoient contenues là dedans. Tout quoy ayant lu d'un fin bout jusqu'à