‹ Œuvres facéticusesChapitre 139 sur 239 · I. Roues, roulettes · texte numérisé non relu

I. Roues, roulettes

ou Contes nouveaux. 19^

Tautre, Jupiter se retira par merveilleuse et estrange façon, et hauçant une main en l'air, croulant » la teste, dit qu'il y donneroit telle provision que de raison. Eut il dit cela ^ Il appelle ses maistres de reauestes, sans admettre cause d'absence, fust probable ou nécessaire ; proposa l'espèce de l'argument, en fonçant les mentes de la cause in foro conscient U, quod aiunt. Sainte Marie! dit Polygame, que tu fais trouver le conte bon ! Un potage, aist Eutrapel, ne vaut rien sans sel. Jupiter tonna, rouilla les yeux, gronda trois fois, signes évidents qu'il ne faloit raire la beste. Ma dame la Goûte et damoiselle Hyraigne, deument appelées, assistèrent là par grande honnesteté, premier d'une pointe et d un simple double, secondement d'une reprise avec une pirfonde reverance^. Le tout vu au net, fut dit et apointé que l'Hyraigne, changeant de maison, demeureroit paisiblement, sans lui faire tort ne violence, aux maisons du pauvre populaire. Sur quoy elle voulut contester je ne sçay quoy, et qu'elle ne demandoit que paii ; mais on fui fit signe qu'on l'envoyroit là dedans. Au reste, que dame Goûte, suivant sa requeste et légitime et civile, laissant les maisonnettes des pauvres gens, iroit habiter aux Cours des gros Seigneurs, Gentilzhommès (j'entends des otieux?) à Presidens, Conseillers, Avocats, Marchands. Et deslors fut donné Commissaire pour les mettre en possession respectivement, et est la

1 . Branlant. Jupiter est ici presque aussi majestueux que dans Homère ou que dans Scarron.

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