‹ Œuvres facéticusesChapitre 145 sur 239 · Venger, de vindicare · texte numérisé non relu

Venger, de vindicare

3. Nous n'avons rien à dire de Rabelais. Quant à Tabourot, seigneur des Accords, scientifique farceur, comme l'appelle l'auteur de l'Epitre, disons seulement à sa louanae que si son nom est oublié et ses œuvres à peu près sérieuses aussi, il vit toujours dans nos petits journaux, grâce au type de Calinot qu'il a été le premier à mettre en scène, d'une façon suivie, il ne se passe pas de jour que nous ne voyions répéter sous ce nom moderne une des sottises de son naïf sieur Gaulard, gentilhomme de U Franche-Comté Bourguignotte.

d'Eutrapel. 207

que, comme pour osîer au vin la puissance de nuire et non pas ensemble « la force qu'il a de profiter, convient le meslanger d'eau : aussi pour empescher que la grande délectation des choses fabuleuses ne vienne à imprimer en nous quelque mauvaise opinion, il faut tellement attacher nostre jugement avec les discours de la vraye raison, que nous descouvrions le profit qui y sera, Isans nous laisser aller aux allechemens du plaisir seul. Ainsi nous percevrons l'utilité, en ce que sous l'envelopement des fables nous trouverons infinis préceptes et enseignemens pour nous rendre vertueux, ne les iirans point par les cheveux {comme l'on dict) mais rapportansà leur naifve intelligence. Que s'il y a quelques fois des propos estranges, et qui ont quelque apparence de mal, faut avoir recours au souverain remède, qui est l'opposition qu'il convient faire des sentences et opinions contraires des hommes illustres, afin que contrebalançant le bien avec le mal, nous tirions et des uns et des autres le sens mystérieux et allégorique entendu sous telle fiction, de soy vaine et sans jruict! estant trescertain que la représentation des choses vicieuses ne nuit point, ains rend à la fin à ceux qui les ontfaictes la honte et le deshon-, neur qu'ils méritent, donne terreur à ceux qui les lisent et occasion de les fuyr. Car tout ainsi qu'un Peintre voyant F ouvrage d'un autre tresmal faict, s'esvertue par la cognoissance du défaut recogneu d'apporter au sien la perfection requise : de mesme en faisons nous en la lecture des livres fabuleux, contes et sornettes, qui bien qu'ils nous représentent des actes infâmes et meschans, ce neantmoins les recevans non comme véritables, ains comme bien

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