Le serment sur les Evangiles
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parties plaidantes, les faisant respondre de vive voix en les adjurant au nom de Dieu, dire vérité, sans souffrir que le procureur, vray nourrisson de mensonge, suborne et destoume la religion de sa partie. Et s'il se trouve la responce estre fausse et calomnieuse, lorsqu'il est question de son fait, quelle soit condamnée par chacun article en une grosse amende, sujrvant rordoi> nance de l'an i ^ ^9, laquelle les maîstres Chlquaneurs n'ont jamais voulu recevoir, l'appellans Guillemine, pour avoir esté faite par maistre Guillaume Poiet, lors Chancelier de France ; ce qui certainement chasseroit les pigeons du coulombier, et couperoit la racine a'une infinité de procès, mais il faut tousjours forger un soubriquet à la pauvre vérité. Tesmoin la statue ignominieuse de maistre Pierre de Cugneres « estant en l'Eglise nostre Dame de Paris, vulgairement appelle maistre Pierre du Coignet : à laquelle par gaudisserie on porte des chandelles, le paillard estant lors Advocat gênerai soustint aue le Roy Philippe de Vallois, son maistre, se aevoit ressaisir du temporel Ecclesiastic, pour estre le fondement d'iceluy mal exécuté, et seule cause
I. Cette statue de Pierre de Cugneres a joui d'une ^ande réputation. Du Fail donne la même raison qu'Estienne Pasquier de la rancune ecclésiastique à Tégard de Tavocat général trop zélé partisan de la séparation du spirituel et du temporel. Rabelais a cité aussi la statue et sa fonction qui consistait à éteindre avec son nez les chandelles qu'on lui portait a par gaudisserie. » A la fin des Caquets de l* Accouchée, M. Edouard Foumier a reproduit les Essais de Mathurine, folle de la cour où figure encore Pierre du Coignet. V. en outre Recherches de la France d'Estienne Pasquier, liv. III c. 25.
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de la dissolution des gens d'Eglise et empeschement du vray service de Dieu. Se dit que le jour de la donation de Constantin, au Pape Sylvestre, qu'aucuns ont voulu débattre, fut ouy une voix, disant, Hodie venemim in Ecclesiâ seminavi : à cause de laquelle opinion non suyvie, l'on a faict de sa statue un marmouset : encore que les Cordeliers en leurs presches, faschez peut estre d'estre forclos et incapables de tels biens, ayent soustenu maistre Pierre en son opinion ». Conclusion, les procès, differens, et querelles cesseront, et non plus tôt, quand le peuple sera instruit en la crainte de Dieu, par la doctrine, et bons exemples de ceux qui la preschent et annoncent, ou le doivent faire : autrement n'y a village en France, là où il ne faille un Parlement, et en lieu d'un officier, vingt, pour finalement establir le Royaume de Satan, fondé en mensonge; et anéantir celuy de Dieu, qui est la mesme vérité.
N'entreprendre trop haut, et hanter peu Us
Grands.
Un mien amy, dist Eutrapel, me rescrivoit une lettre, par laquelle entre autres il essayoit me divertir et empescher de trop entreprendre, et haster en mes actions et affaires. Il y avoit un
I . Tout cela sent, sinon l'hérésie, au moins un bon sens bien ferme, dont il faudra tenir compte à notre auteur quand il nous contera des « gaudisseries ».
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Cousteau, portoit la lettre, qui de luy mesme se voulut faire un manche, sans attendre que son rang fust venu comme ses compagnons, qui estoient, et luy aussi <, sur la bouticque du coustelier, à faire la monstre, et donner le bon jour aux passans : s'en alla un beau matin au bois, où il coupa de toutes sortes et espèces d'arbres, pour se choisir un manche, mais tantost cestuy cy estoit trop dur l'autre trop gros, et la plus grand'part luy desplaisant : mais le pauvret ne s'aperceut qu il ne fust un long tems, qu'en se tourmentant ainsi et tracassant par ces nayes et buissons, il se fit cinq ou six brèches, et, qui pis est, se cuidant refaire et restablir, sefrota à une pierre aguisoire, où il se consomma de moitié, yray qu'en fm il eut un manche, mais ce fut lors qu'il n'en avoit plus de mestier a. Que s'il se fust contenté du premier, qu'aysement il avoit basty, il fust demeuré beau, entier, et de mise. Ainsi, continuoit la lettre, donnez vous de garde que tant de travaux et de peines que prenez incessamment à croistre vostre estât, avancer enfans, et faire vostre maison grande, ne vous rendent de bonne heure au logis et tombeau. Je vous veux dire et admonester suivre la vocation où principalement vous estes appelé, vivre doucement, gratieusement, sans tant ainsi barbouiller parmy le monde, et ne fréquenter que bien peu d'hommes, mais vertueux, et ceux que vous jugerez vous estre vrays et fidèles amis, et aus* quels pour leur valeur vous voudriez bien res-