Corps de Dieu
2. Nous avons déjà rencontré ce grand sénéchal, Louis de Brézé, p. 233.
3 . Evéque de Saint-Malo, puis de Nîmes et de Chartres ; archevêque de Reims, puis de Narbonne, mort en' 15 14. C'était un homme d'état fort actif et remuant.
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reau dit qu'un Gentil homme Romain, appelé Servius Clodius se fit empoisonner les cuisses pour la douleur de la goutte qu'il avoit aux pieds, et aima mieux en perdre l'usage, que d'estre tousjours en ce martyre : ce que Marc . Agrippa un autre Chevalier suivit à peu près, mettant ses pieds en un bacin playn de vinaigre tout bouillant, pour appaiser la rage de ceste meschante maladie. Eutrapel luy demanda, pource qu'il estoit des plus fameux Apoticaires, combien il avoit de recettes contre la goutte attachées à son crochet. Il faudroit, respondit il, des aiguilles autant c^u'il en pourroit en l'Eglise Nostre Dame de Pans, pour coudre les poches et sacs où sont lesdites recettes : car tout le monde est médecin, et principalement en ceste maladie, où chacun y apporte son conseil, qpi est la drogue, comme dit César, qui soit à meilleur marché. Eutrapel dit que les médecins sont encore après à savoir d'où procède la goutte : la plus part sont d'avis, pour ne faillir au gênerai, qu'elle vient et procède de toute la mass^ sanguinaire corrompue : les autres, comme Femel ', du cerveau et parties adjacentes : Paracelse 2, que c'est un venin composé d'un vent enfermé, et qui court selon le mouvement de la Lune, par les veines et artères : puis se deschargeant
1. Jean Ferael, mort en 1558. Astronome, mathématicien et médecin d'Henri II.
2. Longtemps discuté, Paracelse est à peine bien connu aujourd'hui. C'était à la fois un charlatan et un médecin de la plus haute valeur. Il fut le véritable fondateur de la médecine moderne en mettant le premier en usage les remèdes tirés de la chimie.
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sur les JOTiïtnres et antres articles foîbles, cau$e telles et si extrêmes douleurs '. et que si un goutteux naturel, qui ait af^xMté le foal 4m ventre de sa mère, s'accouple à sa fanme pendant qu^il est aux abboys et fort de sa nsaladie^ indubitablement Tenfant qui en sortira sera goutteux, ou s'il ne Test, les en£ans de luy^ voire à longues suites et générations, comme vous voyez aux bossus et ladres : et n'y avoir autre moyen de chasser ceste maladie nereditaire, que se mario- en race bien saine et non endommagée desdits maux, car petit à petit la semence contagieuse s'escouleetamortist. Quant à la goutte verolique ' , elle se cognoist plus par estre aux chameures et muscles du corps, qu'aux jointures, et n'en desplaise à nos Médecins ordinaires, car c'est le vif argent, dont on a frotté, les pauvres verolez précieux, lequel en quelque sorte qu'il soit mis, sinon qu'il soit réduit en sa première forme, c'est à dire, luy changer tous ses habillemens, et le mettre en eauë Philosophale *, pert, mange, et consomme tout ce qu'il approche, contre Tadvis de Tierry de Hery î, et
1. Il n'y a point de goutte de cette espèce. On sait maintenant que la goutte n'est due qu'à la présence d'un excès d'acide urique dans le sang.
2. L'eau philosophale, qu'if ne faut pas confondre avec la pierre philosophale, avait en effet pour base le mercure ramené à un état de pureté tel que... ce n'était plus du mercure. C'était alors qu'il était propre à faire de l'or.
3. Thierry de Hery (1J05-1585), chirurgien ou plutôt barbier, — car c'a été le vrai titre des chirurgiens jusqu'au XVIII' siècle et à La Pcyronie, — est le premier qui ait traité d'une manière raisonnaole la syphilis. Il a écrit un volume sur ce sujet (i)$2). Il était partisan des frictions mercurielles qu'il avait appris à employer en Italie et dont il se
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autres ses confraires Barbiers. Bien est vray que s'il est despouillé et mis en beaux draps blaocv, à coucher tout seul, et avec luy mesme, Alcbimistes où estes vous ? il guérira non seulement la goutte, mais toutes maladies, quelques incurables qu'elles soient : combien que de soy prins au poids de demy escu et avalé il face sans offenser, sortir l'enfant du ventre de la mère prontement. J'ay assez, dit Foureau, ouy parler de tout cela, mais je n'en ay encore apperceu aucun effect : toutesfois il se revenue beaucoup de choses aujourd'huy qui ont esté ignorées des anciens, et pour mieux dire cachées, car celuy ^ui est sur les espaules du Géant voit plus loin que celuy qui le porte : aussi voyons nous ce que l'antiquité a seu, et ce que depuis y est acreu et adjousté : une chose ay je bien aprins, c'est que le fin et essence des corps simples et composez, tirez par le moien des Chimistes, fait de merveilleuses opérations* aux maladies estranges, lesquelles, quelque chose que nous en disions, ne se guérissent par longues et affamées diettes, et médecines laxatives souvent répétées, par lesquelles avec nostre extractum ou secret de Colocynte » nous soustenons les humeurs péchantes estre petit à petit dérobées : car aux maladies longues et chroniques faut manger tout son saoul , mais sans excez : pour ce que nature ne veut estre afFoiblie, ains confirmée et confortée par bon nour-
servait d'ailleurs avec une grande prudence. Il y gagna une fortune considérable.
I . Extrait de coloquinte, purgatif violent et rarement employé aujourd'hui.
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rissement, et en cela n^estre contrevenu aucunement à nostre maistre Hipocrs^tes, quand il dit que tant plus on nourrist les corps impurs, plus on les offence : car cela s'entend d'un homme • replet et humoral, mais, aux Goûteux, Paralytiques, Hydropiques, et autres maladies endurcies et invétérées cela n'a aucunement lieu, ainsi mesme que Gesnerus » a doctement escrit, et l'expérience d'autre part le nous monstre. Lupolae lors dit que Sainct Hierosme, encore que son principal savoir fiist en traductions, si estoit il versé en toutes disciplines, dit à ce propos, que plusieurs goutteux se sont trouvez guéris et affranchis d'iceluy mal, par avoir eu rain, soif et souffert autres mcommoditez qu'on reçoit par bannissement, prison, et autres calamitez : ce qu'est arrivé n'a pas longtemps, ce fiit l'an rail cinq cens cinquante six, à Franciscus Pehius, qui pour avoir esté prisonnier, fut guery de la goutte, qui l'avoit tenu jusqu'à cinquante ans, au moyen d'un bien peu de pain et eauë qu'on luy donnoit ^. Je ne le trouve pas estrange, dit Polygame, car j'ay veu en quarante jours guérir goûteux de plus de vingt cinq ans, faisant une dUette non pas resumptive ' qu'ils appellent et qu'il ne mangeast tout son
1 . Conrad Gesner, de Zurich, professeur de philosophie, botaniste et médecin. Il ressuscita beaucoup de remèdes anciens et mérita le surnom de Pline de TAllemagne.
2. Le remède est en effet excellent. Il consiste en réalité dans la privation des nourritures trop azotées, productrices de l'acide urique.
^. Réglée de façon à conserver quelque force au patient par opposition à la diète affamée.
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saoul : mais il ne beuvoit nullement de vin, ains d'un breuvage non fascheux au goust, dedans lequel à mon advis, il y avoit quelque infusion autre que celle dont les médecins usent ordinairement : et de ma part, disoit il, je suis aussi au roolle des coûteux, et n'ay trouvé autre remède, après avoir couru toutes les escholes des Medecms, Empiriques, coupeurs de coùilles, vieilles devines, sorciers, arracheurs de dents, et vendeurs de theriacle, qu'un grand bacin d'eau froide, une esculee de sel dedans, puis une serviette trempée en cela appliquée sur les parties douloureuses : qui est la recette que le feu Seigneur de Montmorancy ', Connestable de France, disoit luy avoir cousté cinquante mille escus à apprendre, car après longues et cousteuses expériences, il n'avoit trouvé que ce seul remède. Et si je me fais saigner le pied en l'eau de la veine qui sera plus grosse et apparente, du mesme costé où j'ay mal , pour tout asseuré, ce que plus de trente fois j'ay expérimenté, le troisiesme jour après ma douleur cessera : et estime estre ce vent ou flaîus dont votre Paracelse parle, qui sort avec ce peu de sang que vous laites tirer, qui est occasion de sa soudaine guerison, laquelle commence incontinent que vous estes saigné. Et de fait feu Monsieur Birague^, Cardinal et Chancelier de France, vieux qu il estoit, n'a trouvé que ce seul remède de
1. C'est du premier duc de Montmorency, mort en 1567, qu'il est Question.
2. René de Birague, mort en 1583. Cette date nous donne l'époque extrême à laquelle du Fail mit la dernière main à ses Contes.
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saignée, non pour la guérir du tout, mais soulager le patient. Il y eut à Rome un Empirique qui promit à un Cardinal fort goûteux le guérir absolument : le Cardinal qui avoit tant veu de telles gens, lui dit que le lendemain ils en deviseroient plus amplement, pendant lequel temps il luy envoya son maistreahostel pour emprunter dix mil escus, auquel ce gentil guérisseur respondit estre un pauvre compagnon, et n'avoir pas un bayoque < pour passer l'eau. La responce entendue, retournez, dit le Cardinal, luy dire qu'il vuide ^, sur peine des estrivieres, comme un affronteur : car s'il savoit guérir de la goutte, il seroit plus riche que les Foucres d'Ausbourg ?. Et bien, ce dit Foureau, vostre goutte est chaude : mais si elle estoit froide et stupide, comme il s'en trouve assez, vostre si rare médecine d'eau et de sel y seroit elle bonne .^^ Ouy je vous promets, respondit Polygame, qui est pour faire enrager toutes vos maximes et théorèmes, vray qu'il y faut mesler quelque chose qui ne couste pas beaucoup, comme de la cendre de fousteau 4, .de fresne, ou de métaux bien préparez. Je sçay bien qu'il y en a qui ont jugé la goutte estre une froideur et congélation