Mot mal expliqué; quelquefois hallebarde
Vouges, sallades, mentonnières
dit Coquillart dans le Blason des armes.
Je veulx estre tué d'ung vouge
dit le CuYsiNiBR dans le Sermon joyeux de bien boyre {Ancien théâtre françois, t. II, p. ii).
C'est donc une arme.
D'autre part dans la Farce des femmes, même recueil où il est question de refondre les hommes pour les rajeunir, ** nous lisons :
Estes-vous foumy de charbon Et de vouge à Tavantaige;
et plus loin :
ET FACECIEUX. 33
la serpe bravement passée à la ceinture, vous pourmenez à l'entour de vos champs, voir si les Chevaux, Vaches, ou Porcz y ont point entré, pour avec des espines reclorre soudain le nouveau passage, et là cueillez des Pommes (^), ou Poires à vostre ayse, tastans de l'une, puys de l'autre : et celles aue ne daignez menger, portez aux villes vendre ' et de l'argent, en avez quelque beau bonnet rouge {b), ou une jaquette noire doublée de verd. Autresfois au matin regardans d'où vient le vent, allez voir à vos pièges, que avez tenduz au soir pour les Renardz, qui vous desrobent ou Poules, ou Oyes, aucunesfois (la meschante beste) les tendres aigneletz, peu vous soucians de l'intempérie de l'air, fièvres d'Automne, ou jours Caniculaires, ains en ces temps, aux autres périlleux, avez la teste nue aux champs, billans (possible) une
a. Var. : Pompes.
b. Var. : Intercalation de 1549 : ou un couteau de bonne façon.
Affin qu'ils soyent plus fort rouges Il vous faudroit mener les vouges Et souffler à toute puissance.
Ici vouge voudrait donc dire soufflet.
Au féminin, dans la farce du gaudisseur :
Il y engrossa une vouge Qui avoit nom dame Bietrix.
troisième signification.
M. Guichard traduit par espèce d*arme, serpe, faucille. Ce n'est "point serpe, puisque du Fail nous représente l'homme ayant la serpe bravement passée à la ceinturCj mais plutôt une longue gaule portant un fer analogue au croissant des élagueurs. V. Littré au mot vouge.
I . Ne croirait-on pas entendre le refrain de la Chanson populaire :
C'est bien bon pour les Parisiens?
34 Propos rustiques
gerbe de bled, ou raccoustrans un fossé; par ce moyen estes forts, robustes, allaigres, plus la moitié que gens de ville, n'aymans que mignarderie, souzr ombre, nesentans leur homme, fors en la brayette'. Au moyen dequoy un bon Capitaine ayme un Soudartnourry en ses jeunes ans aux champs, ce que j'ay veu lorsqu'il estoit question d'aller à Pharingues*. Que si vous tombez en quelque maladie (comme c'est une chose naturelle) vous ne cherchez clisteres, purgations, saignées, et telles badauderies : car vous avez le remède présent en vostre Jardin, de bonnes herbes, (lesquelles la vertu vous demeure quasi hereditalement de père en filz. (^'est ce doncques, mes enfants, que je vous diray davantage? Je pense qu'il ne reste rien à vostre totale félicité, fors l'amour du grand Bergers, laquelle, comme je pense, vous incite à acquérir par vertueux laiiz, provenans des bons et fructueux enseignements que nostre Curé, de sa grâce, vous expose, aussi q^u'en conscience il y soit obligé. Pourquoy je le prierai, celuy grand conservateur de nos troupeaux, qu'il nous doint 4 grâces de ne forvoyer du chemin baillé à nous autres pauvres viateurs J, me recommandant à voz bonnes grâces, vous
1 . Fors et non fort. La première rédaction est : en rien ne sentans leur homme. C'est la réflexion qui a fait ajouter à l'auteur : excepté par le point caractéristique du sexe.
2. Rabelais parle aussi de cette ville de Pharinges (pharynx) qui estait située dans la bouche de Pantagruel.
3 . ici le ^rand berger est pris dans le même sens que le grand architecte par les francs-maçons.