Impôt payé au seigneur par chaque feu ; ainsi lappelé
294 Contes et Discours
car il porte son gros pigeon pâté * tantost à Montfort, tantost à Bescherel, ou Rouville : là il le vend ce qu'il veut, sans difficulté, parce qu'il est beau, et propre pour tenir en la maison ^ : mais le pailiara n'a pas esté un jour chez son acheteur, qui [a) que soit, jusqu'à ce au'on ne luy donne plus de ^rain à manger, qu il ne s'en revienne à son maistre : et luy ay ouy dire et jurer qu'il l'avoit vendu plus de cent fois, tousjours cinq ou six soûls pour le moins, car c'est un pigeon de la grand' race, et un ménager perpétuel 3. Que si quelqu'un l'en mettoit en procès, comme etiam pro uno ovo datur actio, comme dit Accurse, il respondit (fc), prenez le, si vous pouvez, animal sit pro noxa : mais iltf n'avoient garde, car habeèat semper animcm reverîendi : comme Pierre Guichard, quand enterrant l'une de ses femmes, il ne songeoit qu'à se remarier et en recouvrer une autre, vray que à la dernière il avoit esté trompé : car ne songeant qu'elle deust mourir, et prins sans verd^ Il n^avoit pensé à faire sa provision. Il est aussi bon faire un tel procès, dit Maistre Antoine Thomas, comme celuy d'un Estoumeau, dont
a. Var. : quoy que soit, h. Var. : respondoit,
dit du Gange, foagium, « car ceux le ];>aient principalement qui tiennent feu et lieu. »