‹ Œuvres facéticusesChapitre 40 sur 239 · Gouvernail · texte numérisé non relu

Gouvernail

ET FACECIEUX. J7

Vous en parlez, à ce que je voy, comme expérimenté (mon Compère) dist Anselme, et croy que vous avez passé par les piques. Par ma foy (respond maistre Huguet) [je ne sçay] ; tant y a que se j'en voulois dire ce que J'en pense, j en rerois un livre aussi gros queunbreviere (û) .Mais, (fit Lubin) ne se pourroient trouver quelques femmes, qui, non meùes d'avarice ou convoitise, voudroientloyaumentaymer.? Il s'en trouve (dist Huguet) mais [tant rares] I {b) De celles tant seulement parle, qui plus ordinairement font ainsy : car j'ay esté trompé, comme les compagnons. Je ne m'esbahis (fit lors Pasquier), si vous aviez tellement la matière recommandée et en affection. Je vous diray (c), pource que desmeshuy, mal conviennent telz propos à nous autres vieillards; retournons aux premiers, qui ne touchent que preudhommie et antiquité : car par saint Aubert, vous ne faites que m'en faire venir l'eaue à la bouche, et eschauffer en mon double jaques, et nous avons bien fort affaire de savoir ce que vous faisiez tandis que vous estiez estudiant {d), Moy? fit maistre Huguet, (e) à Dieu ne plaise, qu estant escolier. Je fisse rien ; avecques ce que les escoliers en ont, s'il en demeure : car en vérité les femmes disent qu'ilz n'ont pas si tost attaché la brayette de leurs chausses, qu'ilz ne cherchent à grand hâte à qui le dire, [trop bien les rembareurs de boutiques

a. Var. : Comme un breviere,

b. Var. : Mais de celles tant seulement parle.

c. Var. : Mais je vous diray.

d. Var. : Escolier,

e. Var. : Jà.

jS Propos rustiques

après souper^ et des Messerres Scriptorantes *.] En bonne foj (dist Lubin) si ay je autresfois ouy dire qu'avecques la graine de fQugere vous aviez fait je ne sçay quoy. Haa^ vous estes un gallant. Maistre Huguet en souriant, et tournant la teste à costé, disoit que Dieu pardonnast au temps passé, et qu'il faut tous passer par là ou par la fenestre^. Or bien (disoit il) dites donc quelque cas de vostre village, PasquierP Lequel respondit qu'il n'avoit veu rien en son temps, fors l'ancien Thenot du Coin, duquel tout ie monde savoit la vie. Je pense bien (dist Lubin) que tous en ont ouy parler (a) : si est ce que vous estes plus résolu en cela qu'aucun, à raison de la longue demeure près luj : parquoj dites un peu de sa manière de faire; or cest homme là fut fait en despit des cotres, et vhroit à sa guise, sans avoir regard aux façons d'autruy. Je diray donc (fist Pasquier) ce que bon me semble, et se mouche qui voudra, s'il ne veult avoir de la gaule par souz Thuys».

De Thenot du Coin.

En ce temps, dequoy avons parlé cy dessus, vivoit le bon homme {b) Tnenot du Coin,

a, Var. : [Mais],

b, Var. : Le preudhoms,

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