‹ Œuvres facéticusesChapitre 47 sur 239 · Sans avoir besoin d'argent d'avance · texte numérisé non relu

Sans avoir besoin d'argent d'avance

68 Propos rustic^ues

son charnier, duquel je mengeray quelque lopin, qui toutesfois ne le pense pas ; tel a cuit aujourd'huy du pain pour moy, qui ne le pensoit faire. Et n'estime {a) non, que si les accoustremens sont d'un coquin, que l'esprit soit lourdaut [ou pécore]. Viençà, ie gaigneray plus en un jour à mener un aveugle, le contrefaire (b), ou avec certaines herbes m'ulcerer les jambes pour faire la parade en une Eglise, que tu ne ferois à charmer un an, et travailler comme un bœuf, encores en estre payé à l'année qui vient ; à moy, il ne me donne qui ne veult, je ne prends rien à force ; c'est une chose voluntaire et non contrainte. Mais escoute (me disoit ce ferial ' Tailleboudin), j'entens le dire à ce mur là ; Ayes bon bec seulement et je te feray riche si tu me veux suyvre. Il fàult que tu entendes qu'entre nous tous (qui sommes en nombre presque inestimable) y a trafiques, chapitres, monopoles, changes, banques, parleméns, jurisdictions , frairies, mots de guet, et offices pour gouverner uns en une Province, et autres en l'autre. C^uoy? nous nous congnoissons ensemble, voire sans jamais nous estre veuz; avons nos cérémonies propres à nostre mestier, admirations, sermens pour inviolablement garder nos statuts, que feu de bonne mémoire Ragot 2, nostre antecesseur, atirédebeau-

a. var, : Et ne pense pas.

h. Var. : Ou iceluy au naturel contrefaire.

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