‹ Œuvres facéticusesChapitre 83 sur 239 · CHANSON DE MAISTRE HUGUET · texte numérisé non relu

CHANSON DE MAISTRE HUGUET

DU TEMPS qu'il ESTOIT AMOUREUX.

Ce refus tout outre me passe, Et peu s'en fault que n'en trépasse :

Las ! il fault endurer beaucoup Pour aymer un seul petit coup !

Ah ! vous avez grand tort, Perrine ', Je'vous pensois douce et bénigne, Mais j'ay bien congnu à l'effait Que vous vous moquez de mon fait.

Je vous ay déclaré ma peine, Et que c'est qui vers vous me meine ; ' J'en souflFre troc de la moytié,

Et n'en avez point de pitié.

Or, fault-il bien faire autre chose.

Car l'amour qu'est dans moy enclose Ne me lairra point en repos, Si vous n'avez autres propos.

Toutes les fois que vous voy rire.

Je vous viendrois voluntiers dire :

Dites moi, belle, si m'aymez ; Je vous ayme, ne m'en blasmez.

Visage avez de bonne grâce.

Comme moy estes grosse et grasse :

Aymez moy donc. Dame, aymez moy.

Et mon cœur jetez hors d'esmoy.

Si mon malade vous peult plaire.

Mon heur vous pourra il déplaire ?

Qui du mal d'autruy s'esjouyst, Le sien fait qu'on s'en resjouyst.

I . Dans la Nouvelle de des Periers Perrine est remplacée par voisine. Il y a d'autres légères différences que je ne crois pas à propos de signaler.

122 Propos rustiques

Tous les jours en la patenostre, Pardonnons à l'ennemy nostre :

Point ne suis je vostre ennemy, Mais vostre langoureux amy.

Si de m'aymer n*avez envie, Pardonnez au moins à ma vie Et en ayez quelque remord, Ou serez cause de ma mort.

Je ne saurois me plaire au vivre, Languissant tousjours à poursuyvre. Il vaudroit trop mieux n'aymer point.

Qu'attendre sans venir au poina.

Aymez, puis qu'estes tant aymee, Vous en serez mieux estimée :

Vostre grâce et vostre maintien Me gluent à vostre entretien.

Mon amour commença Dimanche, N'est- il pas temps que vous emmanche' J'ay desja trois jours attendu.

C'est trop pour un homme entendu.

Je ne puis bonnement comprendre Quel plaisir c'est de tant attendre :

Du temps perdu je suis marry, N'en déplaise à vostre mary.

Siel diable de chanson est ce là? dist Thi- . Lorris ^ ne fit jamais si long plaintif de sa Rose, ni Matheolus de son cocuage et bigamarie. C'estoit un terrible rithmart *, pour un amy de trois serees ^ Encores n'est ce pas tout (respond Fiacre). Hoo, attens, laisse moy songer un tantet 4, je te diray la fin en deux mots,

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