‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 103 sur 219 · I. Récuser · texte numérisé non relu

I. Récuser

ble : car par cy après n'y serez aucunement receu. Je le say bien, dit le prisonnier, j'entens le pair et la couche, j'ay assez passé par telles piques. Oui et quand, ait le Juge? Je le dirayen temps et lieu, fit Chauvel : or escrivez donc, que ce fut d'une dague don '. Tout premier elle me hait mortellement et capitalement à cause que cest Esté dernier, comme les Seigneurs de tel et tel lieu U disoit cela pour faire du galant) et moy boulions ^ en partie par ces chemins là, nous trouvasmes ceste belle beste icy, (voyez quelle troigne elle fait) yvre, tombée, en un fossé, tirant du foin aux chiens à grandes goulees, le cul contremont et descouvert, dont mes compagnons ne firent que passer outre, et s'en rire : mais moy, cuidant bien faire : et survenir à tous accidens et infortunes, comme est ma coustume, luy jettay plein m,on chappeau de poudre dedans son carrefour, pour couvrir partie de sa pauvreté : qu'elle lors s'esveillant, prenant ceste courtoisie et charité en mauvaise part (ce sont les grands mercis d'aujourd'huy)luy avoit dit mille pouilles : entre autres que fust ou ne fust, elle diroit quelque matin contre luy choses qui le feroient pendre, que le grand reaffle 5 peust rompre le col à celuy qui l'avoit besoignee plus de deux ou trois fois : au demeurant, la plus honneste garce du pays. Le vilain, en ce disant, estoit si pasmé de rire qu'il en chanceloit sur la selette. La femm.e d'autre part,

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