‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 110 sur 219 · Familia herciscunda, partage de biens · texte numérisé non relu

Familia herciscunda, partage de biens

i82 Contes et Discours

ble, guérir une colique en l'instant. Si j'en ay, respond l'Apothicaire, ouy perdiem, du plus beau, et du meilleur qui fust à la Guibrai ' dernièrement : et n'y a pas longuement (ce disant il montoit en l'eschelle de sa boutique pour chercher] combien y a il, hau Jean, que tu en vendois à Perigaut de la Guerche pour un bel escu ? il m'est advis que nostre maistre Hippocras ou je ne say qui, je n'estudie plus gueres, les affaires detourbent tout, en a escrit sur les élégances de Roland et Olivier. Allez vous y frotter, dit Lupolde, et vous submettre à la miséricorde de ces maistres fols, avec leur i]ui pro quo, dont ils abusent le peuple et sa bource : car ce qui vaut cinq sols ils le vendent vingt, sans estre contrôliez ne policez ^ sur leurs marchandises. Faut croire que ce vénérable, à fin de ne bourder, et estre recongneu pour estourdi et ignorant qu'il estoit, eust mis au lieu de ces beaux mots du droit Civil, significatifs de la manière de deviser et partager les héritages, quelque véhément diagrede 5 et laxatif, et puis, adieu Fouquet. Car les Apoticaires en sont venus là, qu'ils ne veulent souffrir que les Médecins voient les ingrediens de la médecine ordonnée, disans qu'on leur feroit tort, si on ne s'en fioit en eux : Mais ils ne savent qu'ils di-

1 . A la foire de Guibray, grand marché pour l'ouest de la France pendant le moyen-âge et la renaissance. On n'y vend plus que des chevaux.

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