‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 128 sur 219 · I. Disputeur · texte numérisé non relu

I. Disputeur

d'Eutrapel. 215

à les rejetter. Disant qu'à la vérité les anciens firent une excellence de ceux qui seurent joindre et marier leur naturel avec celuy de tous, et faire leur profit du bien, du mal, vertus et imperfections d'autrui : joieux entre les raillards, et plorard chez les tristes et melancholiques, comme Hermogenes vieil entre les plus aagez, et folastre parmi la jeunesse, un Socrates, qui ainsi et de mesme en faisoit, et U lysses en Homère, Alcibiades en Plutarque. Lequel d'une singulière dextérité d'esprit et en toutes heures gossoit aux cabarets d'Athènes : avec les compagnons disoit le mot de gueule, disputoit et y piquoit chevaux, en Sparte se faisoit tondre à leur mode, avec les Thraces escrimoit et s'enyvroit. Qui a fait juger parles evenemens que tous grands entrepreneurs ont, comme dit Plaute, en leurs exécutions et charges autant déguisé leur volonté, que Prothee changeoit et prenoit de visages : et bien souvent se sont rangez et asservis aux reiglemens que le populas' ordonne en ses babilscommuns. Et deviez, Capitaine Eutrapel, destourner la truie au foin, et le tout prendre en bonne part, pour vous aider et fortifier de telle magnanimité, en lieu plus à propos. Jesay assez (advisageant Lupolde) que nostre temps et vieillesse ne tiennent tel rang et réputation, qu'on y puisse faire grand fond, et bastir une authorité. La jeunesse de ce temps a le moien fort exprès de composer plus politiquement et mieux son ame. Que si pour nos ans nous sommes rêverez, aussi par iceux sommes nous difficiles, malaisez, fascheux, et intrai-

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