‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 131 sur 219 · Qu'est-ce que ce Sortes que courait Adrien · texte numérisé non relu

Qu'est-ce que ce Sortes que courait Adrien

3. Nous avons déjà parlé de Guillaume Poyet, chancelier de France. Quant à Pierre Lizet ^1482-1 $54', il fut Premier président du Parlement de Paris. Ses rigueurs contre les protestants ont motivé la satire de Théodore de Bèze : Epistola magistri B. Passavanti responsiva ad commissionem sibi datam a yenerabili D. Petro Lyseto.

d'Eutrapel. 219

ou privativement à tous autres, nous nous estimons parfaits : comme l'on dit de Chrysippus, qui onc ne pensa homme digne de l'institution et nourriture de son enfant, fors luy : ou de Caton le jeune qui fut notté et durement rechargé en ces vers.

Tout seul il sait, le reste ce n'est qu'ombre. Ille sapit solus, volitant alii sicut unibr£.

Tel mal provient des humeurs et dispositions des corps mal faits etdemesurez : Ahhominc signato, dit l'on, Libéra nos Domine. Donne toy garde d'un homme marqué et fait au rebours des autres : ou bien, qui est la plus saine opinion ; au mespris et contemnement de la prudence et sagesse commune appellee Philosophie. Lepeuple, dit Seneque en son Hippolite, hait, loue, blasme, rit,plore inconstamment et sans jugement : car les affections, imaginations, phantasies des hommes se contrarient elles mesmes sans proportion, et de nul ordre tousjours rien : n'accordans, debatans, querelans, blasmans tout en particulier : et moy, en disant cecy, je tombe au mesme erreur. Est venu par tel desdain que les sciences rnesmes, quelque liaison et amitié qu'elles aient ensemble, se répugnent et opposent par la captivité de nos âmes ainsi enfermées et prisonnières, qui ne tiennent qu'un petit filet de leur beauté, entretien, et alliance divine, dont premièrement elles furent enrichies et ornées. Socrates disoit qu'une bonne ame est de facile accord ettraitable en toute composition : et les Stoiques, qu'un mauvais homme monstroit par regards malins et

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couverts d'un ris trahistre ' et desloial, l'envie et la jalousie, par lesquelles il dénigre et ravale l'agrandissement et bonne conduite de son voisin: sans cesse se formalisant, rechignant, et s'accoustrant de quelque Philosophie bridée, et à part, dont Eutrapel captivera, et retiendra (je l'ordonne ainsi) une bonne moitié de sa liberté, la retirant de son naturel trop remuant et esveillé, pour la former en une habitude de bonnes conditions qu'il a. Mais un semblant trop libre et abandonné, obéissant au temps et lieux, et prenante patron la vie, coustumes, et mines de quelque galant homme, pour lesensuyvre, et auquel il voudroit bien ressembler. Et Lupolde, pour estre moins miséricordieux qu'honneste, ne s'avancera désormais s'entremettre et parler des affaires d'autruy, sans y estre appelle. Monsieur, dit lors Eutrapel, je me sens forcé à peu près, sous la grâce de vos advertissemens, où je hazarderois volontiers tout ce que Dieu m'a mis en main, pour vous complaire et obéir, n'estoit la crainte d'offenser la foy, par moy sainctement obligée à ma liberté qui me' retient dissimuler ? Bon Dieu ! et que diroit on de ma profession et vie passée ? Cela tient en tout et par tout de l'impossible, et n'estre en ma puissance faire autrement que ce que ma mère nourrice, la Philosophie, m'a apprins. J'ay chanté quand il m'a pieu, beu quand j'ay eu soif, resvé et solitairement entretenu mes pensées et souhaits, lors qu'ils se sont présentez : et, comme disoit le Seigneur du Grippon de Normandie, me suis tousjours retiré

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