I. Je réussirai
2i8 Contes et Discours
peuple, ne sachant plus de quel bois faire flèches, fut contraint se loger et héberger au mieux qu'il peut. J'ay dit cela, afin que par cest exemple, la raison et suite de mes repreneurs fust de plus embellie et illustrée, voulant dire que Tune des plus grandes resveries qui se puisse forger, demeure à s'enquérir curieusement , se soucier, s'empescher, hucher, et se tourmenter aux affaires de ses voisins, et où l'on n'est appelle. Il y a en Martial un certain OUus, le plus terrible soudeur ' et enquesteur de ce qui se passe en la ville, qu'on puisse voir, et qui a tousjours quelque chose à remordre. Est estrange que Paul Jove trouve mauvais que le Pape Adrien preferoit le merlus, qui est un poisson de petit prix, à tous délices et mangers : c'estoit son goust, son appétit, où il avoit esté nourri. A Louvain du temps que Sortes 2 couroit, et Plato disputoit, que sollebat et legebat, Poiet et LisetJ commençoient à manier le tric-trac du Palais, falloit qu'à la conscience de Jove il changeastsafaçonetreiglement de vivre, quêtant religieusementet clerc à simple tonsure il avoit institue : voulant ce flateur historiographe chausser tous hommes à la mesure et forme de son pied. Tels jugemens à contrepoil naissans d'un certain amoureux sentiment,