‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 148 sur 219 · I. Moïse · texte numérisé non relu

I. Moïse

d'Eutrapel. 249

le fond et la source, l'occasion des choses, mariez vous, pour avoir part en ce riche butin : et ayant gousté au bien et fruit que vous en tirerez, serez tout courroucé d'avoir tant fait le long, et tardé d'entrer en ceste Confrairie. Vous ayant ouy assez prolixement, et sans entendre où pourroit tomber le coup de vostre long discours (dit Eutrapelj qui ne peut ennuier, pour estre si bien cousu et cimenté : autre chose par ce secret tant vénérable ne se doit entendre, que le Saint Greal ', ensevely et envousté^ sous le perron Merlin, en laforest de Breciliian, en Bretaigne : ou, qui doit estre la meilleure et saine opinion, ce terrible et exorbitant vent 3 de la chemise, duquel vous autres mariez faictes tant de cas, allegoriquement extrait de ce que Jamblichus disoitde sa Sibylle Delphique, qui, pour recevoir ses esprits Profetics, seoit sur un aixeul de charrette, traînant les pieds en l'eau : autrefois

1 . Les pérégrinations du saint Greal, c'est-à-dire du vase dont le Christ se servit le jour de la Cène, ont fourni la matière de beaucoup de romans de chevalerie. Du Fail en a cité souvent déjà. On voit que cette littérature lui était familière. Elle ne l'est plus à personne de nos jours. On en trouve les traces dans les petits livres de la Bibliothèque bleue qui ne se réimpriment rtlême presque plus.

Page 1