‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 186 sur 219 · I. Souscription · texte numérisé non relu

I. Souscription

d'Eutrapel. 519

les plaintes que les hommes et femmes de la parroisse luy avoient fait de chaque part : mais que tout considéré, il trouvoit qu'ils avoient tort et droit et que l'année suivante il leur en diroit son advis. Et ainsi, sans coup ferir, il eut d'un sac deux moutures, comme Ton dit de Marcus Crassus, qui consultoit des deux costez. Et les Advocats ne se moquent ils de leurs parties, quand criaillans ainsi en colère pour elles, ils vont de là banqueter ensemble ?

Et certare soient, et sirnul cœnare Patroni, Advocats se querellent, et puis vont boire ensemble.

Mais sur tout, les Juges triomphent à se moquer honnestement, concluans les difficultez et procès en arrests contraires, à corriger et estre corrigez, à reformer et estre reformez.

Epistre de Polygame à un Gentil homme contre les Athées, et ceux qui vivent sans Dieu.

Vous me rescrivez que je vous aide à soustenir la fureur des questions et alarmes que vous présentent et font certains vos voisins s'embrouilîans et confondans, parmy la Nature, luy attribuans le cours. Testât, et la conduite de toutes choses, ne faisans cas de la religion, sinon entant qu'elleretient lesimple peuple en obéissance : mescognoissans Dieu, le seul moteur, et qui fait tourner et subsister ceste machine ronde : et son Messias Jésus Christ, qui est sa parole éternelle,

avec son saint Esprit, représentez sous cest admirable nom de Trois : Où je n'ay voulu faillir vous dresser ces petits advertissemens, au mieux que j'ay peu, avec infinis regrets, qu'un sujet de telle et si grande importance n'est manié et conduit d'une main plus dextre que la mienne comme d'un MORN'AY, qui a sur cest argument fait le plus beau et docte livre, qui ait onc esté, peut estre, imprimé en la Chrestienté ' , et où l'Athée ou sans Dieu, le Juif, l'Ethnique- et le Mahometan trouveront qu'ils n'ont que tenir, et leur faut faire joug à ce très puissant et très haut nom de Messias Jésus Christ lequel par l'artifice deSathan ils ont rejette, et fait semblant ne le cognoistre. Toutesfois me sentant poussé des deux plus extresmes moyens qui doivent entrevenir 5, et estre conjoints aux recherches et poursuite de l'Escriture saincte, qui sont, la crainte de Dieu, et la cognoissance de la foiblesse de l'entendement humain : Je maintien, comme disoit Ciceron, n'y avoir homme tant esgaré et despourveu de jugement commun lors qu'il regarde et contemple ceste voûte et bastiment des cieux, l'ordre et chemin que le Soleil tient, et fait tout alentour.

1. Philippe de Mornay avait fait paraître en ij8i à Anvers chez Plantin : De la vérité de la religion chrétienne contre les Athées^ Epicuriens, Payéns, Juifs, Mahométans et autres infidèles. Ce chapitre est donc, en réalité, l'un des derniers que du Fail ait écrits. Quelques pages plus loin, nous trouverons la date isSj.

2. « Car je voy que tous bons historiographes ainsi ont traité leurs chroniques; non seulement les Grecz, les Arabes et ethniques, mais aussi... » Pantagruel, livre 'II, c. I. L'Écriture désignait par ce mot les Gentils.

?. Intervenir.

tous les jours, en vingt et quatre heures : la Lune, l'autre et second grand luminaire qui nous apparoist, de quinze en quinze jours avec divers effets : l'an séparé en quatre saisons différentes : Qui n'aprehende et juge quant et quant, y avoir une cause et essence première, qui a composé cest ouvrage, admirable, le conduisant et faisant tourner par espaces, heures, temps, mouvemens certains et arrestez. Comme il est aisé juger, et se rendre certain et asseuré que la charrette chargée qui roule et chemine, a un chartier et conducteur qui remue tout cest attirail, de sa seule parole et voix sur les chevaux, appeliez les secondes causes qui le font aller et mouvoir. Geste chose ainsi première est appellee tant par les SS. Bibles qu'anciens auteurs Payens et prophanes, Dieu : la sagesse, grandeur, bonté, justice, et estât duquel ne se peut dire ou représenter par les opinions et fantasies des hommes, fors entant qu'il luy a pieu nous en monstrer par sa parole ' laquelle de tout temps a esté, est, et sera à jamais appellee Jésus Christ. Et ainsi estant tout parfait, après avoir basty ce terrible instrument et machine ronde, ordonné et disposé les Elemens de certaines et infaillibles proportions mesurées : voulut aussi y establir l'homme, comme une créature, laquelle entre les autres eust cognoissance de son Créateur et de ses commandemens : avecques marques et signes corporels, qui luy furent quant et quant ordonnez, pour mieux approuver 2 son obéissance. Les signes

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