M. Louandre a reproduit la première partie de ce
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qu'aux affaires où nous sommes pressés nostre esprit se resveille, devient brusque et gaillard, et sans estre poisant et engourdy, comme lors que nous sommes aux pleins souhaits, profondes voluptez, et en la paille jusques au ventre. De vray, celuy de qui les biens et fortunes sont ou petites, ou brouillées, se sait mieux advancer et rendre honneste homme, que ceux qui sont naiz chaussez et vestus : comme l'on dit du Roy Loys onziesme, le premier qui ait mis ses successeurs hors de page (car le Parlement, Prévost et Université de Paris s'en faisoient croire auparavant) et qui mieux savoit les nouvelles de ses voisins. Estant en la mauvaise grâce de son père (ô que régner et commander absolument est chose douce !) se retira à son cousin le Duc de Bourgongne, où il aprint à faire le petit pain, à ménager l'escu, qui le rendit tellement admirable au maniement de ses affaires, qu'entre tous les Princes il a bien peu de compagnons, et en luy fut vérifiée et accomplie la Prophétie du Roy Charles septiesme son père, quand il fit dire à iceluy Duc Bourguignon, c]u'il nourrissoit un renard qui mangeroit ses poules. Car à la fin il dépeça et eschantillonna si bien la maison de son hoste, qu'il luy en demeura de belles pièces ', lesquelles il soustenoit luy avoir esté arrachées de la sienne. Et à ce propos des pères qui sont trop rigoureux en l'endroit de leurs enfans, s'en est veu puis peu de temps en ce pays un si
chapitre « jouxte la copie de M. Guichard» dans les Conteurs français avant La Fontaine. Paris, 1873. 1. Le duché de Bourgogne, l'Artois et le Hainaut.
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tenant ' et fascheux, qu'il ne bailloit à son fils que peu ou rien pour son entretien : lequel d'autre costé empruntoit par cy par là tout ce qu'il pouvoit, jusques là d'estre enferré bien avant aux brevets ^ des marchands, usuriers, et autres gens de main mise et d'interest, bien souvent les afFrontoit, et couchoit de sa conscience à toutes restes. Tout l'emplastreetdefensif qu'il appliquoit sur ce mot, tomboit sur l'avarice de son père, jusques bien souvent dire à ses compagnons courans la mesme fortune, et qui estoient en mesme cause, pleust à Dieu que ton père se fust rompu le col à porter le mien en Paradis, et autres imprécations et maudissons de semblable volume. Le père, à qui il coustoit plus de je ne say combien pour espionner les actions de son fils, entendoit assez telles nouvelles, où il faisoit la sourde aureille, prenant plaisir, qu'il estlmoit profit, tenir ainsi ce jeune homme en telles altères 5 et calamitez, le menaçant par fois se remarier, au cas qu'il feroit du compagnon, ou donner et mettre son bien en telles mains qu'il ne l'oseroit regarder. Au surplus qu'il trouvast sa bonne avanture comme il pourroit, et qu'autrefois il avoit esté sans denier ne sans maille, jusques à!4que pour le présent