‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 61 sur 219 · Vers · texte numérisé non relu

Vers

d'Eutrapel. 109

trente cinq ans : Tenez, comme il y mord, comme il s'y opiniastre, et comme en croisant les doigts sur sa meschante guiterne, il tord la gueule avec un exorbitant et des-reglé mouvement de maschoueres. Lupolde ayant l'aureille au vent, escoutant les hausses-bec ' et admiratives d'Eutrapel, le babil duquel il craignoit et experimentoit assez mal advantageusement, jetta sa fluste et guiterne bas, et un quartier de sa robe longue sur son espaule, se planta droit, et en face de Polygame que vous en semble, dit il ? Ouy dea, une musique ne veutestre ainsi valettee - et publique, comme toy, Eutrapel, l'as tousjours prétendu : mais solitairement, en lieux obscurs et reverans, comme cestuy où je recrée l'ennuy de ma vieillesse, remémorant la figure et le vray de ma sotte et inexpérimentée jeunesse, où je te voy à deux doigts près de la raisoii retenu et empestré, badin en cramoisi que tu es, là je refaits et console mes esprits, autrement debauschez et troublez en mes particularitez et affaires : je romps et estouppe le cours à mille fantasies qui se vouloient loger et placer en mon estomach : mon chant est voué aux cieux, mes prières et invocations à l'Eternel Jehovah, par le moyen et intercession de son Messias nostre Seigneur Jesus-Christ, non pas comme toy, qui ne regardes qu'à tes pieds et choses terrestres : un sifflard, un criard, avec tes rebecs, violons et cornemuses. Là fit Eutrapel une sesquipedale > et fort bien metrifiee reve-

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