‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotique (volume 2)Chapitre 66 sur 219 · I. Nasonné, nasillard · texte numérisé non relu

I. Nasonné, nasillard

d'Eutrape L. 117

de musique ainsi repartie, les plus rudes et opiniastres affections. Un lopas ' tout chevelu, avec sa longue robe, fendue par les costez, pour n'avoir la main serrée et empeschee, ains en toute liberté et ouverte, le pied gauche avancé, chantant sur son violon la structure et bastiment du Ciel, les erreurs, chemins, et espaces de la Lune, envenimant par telle haute et délicate musique, et ravissant les passions amoureuses de la misérable Dido (si toutesfois cela fut) faisoit rester et demeurer les hommes comme rochers, larcinant ^ et ostant tout sentiment, ainsi que feroit un Solides ', ce subtil tonnere qui auroit succé et humé la plus affmee et déliée substance d'un corps. Timotheus 4 avec ses fredons roulez î, et par intervale mariez et joints à la parole, poignit *= et piqua tant véhémentement le courage d'Alexandre, que tout furieux saisit ses armes, se courrouça, gronda. Et sans aller si loin, quand nostre Mabile de Rennes (mais la vérole et le vin l'emportèrent) chantoit un lay de Tristan de Leonnois 7 sur sa viole, ou une Ode de ce grand Poète Ronsard, n'eussiez vous jugé que cestuy

1. V. Virgile, Enéide, chant \". lopas chante sur la lyre d'or pendant le repas que Didon offre à Enée.

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