‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 10 sur 211 · Fui · texte numérisé non relu

Fui

6 Propos rustiqjj es

faitz) qu'ilz eussent esté en de batailles, et ce en signe de perpétuelle Noblesse. Les Romains ces vaillants conquercurs, d'autant de couronnes leur homme d'armes honoroient (récompense digne du mérite) qu'il cust esté à de journées, par ce moyen ennobly. Quoyi' Les Macedones avoient ceste loy reveremment observée. Qui n'aura en la bataille occis quelcun des ennemis, soit en lieu publiq lié, bille ' , et attaché en un posteau(a) en signe d'ignobilité2.Les Germains, ouAlemansplus tost n'estoient mariez (chose autrement vilaine) qu'ilz n'eussent présenté la teste de leur ennemy à leur Roy i. Aux banquetz des Scythes on offroit une pleine tasse de vin à la compaignie, et n'estoit loysible à celui qui n'avoit tué son ennemy au conflit, la prendre, comme s'il eust esté vilain et immérité de cest honneur. Aux Bibles, Mardochee, Hebrieu, fut annobly par Artaxerxès : et pour les causes mesmes, Joseph fait noble par Pharaon. Pour lesquelles raisons, tendans à une pareille fin d'une Ambition honorable, creurent en grand et excessif nombre, tellement qu'ilz (distinguans le populaire) se appellerent désormais (b) Nobles. Le reste qui tient en poinct peremptoirc que la manière de fuyr est départir de bonne heure furent appelez Plébéiens, Pàisans,

a. Var. : A un post (1549).

b. Var. : Dès lors.

1. Attaché. Les trois mots forment répétition. Le pléonasme, si aimé de Rabelais, n'était pas alors considéré comme un crime de lèse syntaxe.

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