‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 109 sur 211 · Saisir · texte numérisé non relu

Saisir

ou Contes nouveaux. 175

roideur1, Dieu sait quelle, cestuy cy pour sa force renversée, par l'espoir qu'il avoit que tout tiendrait coup; l'autre, par un mesme moyen ayant mis sa force en l'air, se confiant en mesme seureté que son compagnon. 0 la belle cheute! deux gros lourdaux, deux gros mastins; il me semble ouïr un grand chesne en la forest de Chinon, qui, par la force du vent desraciné, tombant, renverse tout ce qu'il trouve. De cette secousse ne s'estonna gueres Pasquier, si fist bien son compagnon ; toutesfois il s'excusa au mieux qu'il peut sur son pourpoint, le regardant de travers, maudissant je ne scay quel coquin de Cousturier qui le lui avoit basty n'y avoit pas trois jours, parce qu'estoit ne près ne environ honnestement cousu. Pour cela ne avant, ne arrière, dist Eutrapel; tenez, voicyvostre fin diable de cas, lui en baillant un. Le pitaut endossa sur sa grosse eschine ce pourpoint tout fin neuf, regarda haut et bas, s'il lui estoit bien fait, saute trois pas à quartier 2 , puis, en haussant les espaules, rouillant 5 les yeux, s'en vient à Pasquier, qui ne faisoit pas moindre mine qu'adverse partie. De première entrée s'entrecrochent non gueres gracieusement. Pasquier fait tant par ses journées, qu'il gagne l'espaule gauche, et sur icefle galantement lie sa main, taschant, à toutes forces, luy mettre le bout de l'orteil au jarret; l'autre, voyant la prise estre de dangereuse défaite, luy met les deux mains

1 . Vont tomber brusquement aux deux extrémités du champ-dos.

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