Pour braverie, fierté, bravade
3. Nous dirions : leur eût rendu des points. C'est une expression usitée dans le jeu de paume.
172 Baliverneries
les bras tenduz avec uneslargissement de main, disant : Donne toy garde de moy, si tu veux. Il y eut Siclère, qui se leva son chapeau sous son aisselle, l'un desjuges commis, disant quele jeu devoit estre sansvilanie ', et qu'ainsi estoit pratiqué par tout le pais, et qu'il ne gaigneroit rien à luy rompre un bras, ou autre chose, et autres cas qu'il promettoit dire, sinon qu'il eust esté veu favorit. Le galand n'en fistpas grand conte, et pour tous potages, luy dist que c'estoit un habile homme et qu'il se meslast de froter ses couilles au soleil. Pasquier, palissant, pour l'abaisser la gloire de ce jeune homme, et vivement l'aborder, partit (aussi qu'il faut dire le vrai) d'un petit de peur que lui faisoit ce grand mangeur d'honneur, s'adresse à lui, sans daigner ou toucher en la main, ou faire autres honnestetés qu'on fait du commencement. Vous avez autresfois veu deux chiens, qui, ne s'osans attacher2, tournent l'un vers l'autre et grondent, n'atendans que le coup. Tels estoient ces gens de bien, tournans à l'entour du rouet, taschant par toutes manières de se happer, chacun à son avantage, et Eutrapel crioit : Au diable soit la vilenaille, et gripez vistement. Pasquier fut fin et rusé, qui prit mon homme par le bras droit, le charge du croc dedans, l'enlevé et tellement le poursuit, que le pourpoint, ô meschante toile ! rompt et en emporte sa pièce hautement et net. Au moyen de quoy le coup fut si grand que tous deux vont tomber aux deux quantons du jeu de