DESIRE JOYE ET FÉLICITÉ
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ssrrny lecteur, estant l'esprit de l'homme de JE telle nature qu'il ne peut demeurer à
^FZt- W)re{luoy 2' empl°yant sa langue à des- ' 9gj%g§ilchiffrer les actions d'autruy ou les siennes propres, faute d'autre subject, en quoy nous nous portons et poussons de nous mesmes à des merveilleux accidens, ou de flaterie ou de calomnie, il ne faut aucunement doubter que les Contes d'Eutrapel, qui ont jusques icy veu le jour soubs l'abry du vénérable nom du Seigneur de la Herissaye Gentilhomme Breton, n'ayent encouru le danger, auquel sont subjects les escripts de ceux qui excellent en quelque chose par dessus les autres, au siècle principalement où nous sommes, siècle vrayement de fer i, toutes choses y estans misérablement
i. Cette épître n'est pas dans l'édition de 1585, la première et celle dont nous reproduisons le texte. Elle donne donc la date de la mort de Du Fail qui serait advenue dès lors en cette année 1585.
2. En repos, requies. Du Cange cite en requy, en secret qu'il dérive de repositus.
3. Toujours la même plainte ! Qu'auraient-ils donc dit, nos mécontents des siècles passés, s'ils avaient vu le nôtre ?
206 Contes et Discours
perverties et corrompues. Partant espoinçonné ' du desir de les remettre à la veut de nos François, beaucoup mieux disposez que par le passé, je leur ay premis ce discours en forme d'Avertissement, pour les vendiquer 2 des véhémentes censures de tels calomniateurs, et convier un chacun à l'admirer plustost que censurer, ne contenans rien d'où on ne puisse rapporter quelque fruict. Ce que je monstreray aisément, pourveu que l'on vueille apporter en les lisant toutes les considérations qui se doivent observer en la lecture de tels discours lesquels sont pleins de mille et mille fictions tirées des Poètes, sans la cognoissance desquelles ne peut parfaitement gausser celui qui en veut faire estât, comme l'ont sceu tresbien practiquer Rabelais et Dcs-Accords 3 scientifiques gausseurs. Ce seroit nous esloigner de nostre propos, de vouloir faire icy mention de l'origine et excellence des fables Poétiques : mais nous nous contenterons de donner le moyen qu'il faut tenir pour les entendre : d'autant qu'elles sont comme un accessoire très nécessaire aux contes et sornettes. Le plaisir des fables Poétiques est très grand, et qui a bien dequoy repaistre l'entendement humain, mais (t n'y a pas moins de quoy le faire vaciller et le troubler, s'il ne s'y comporte sagement : tellement
i . Tourmenté, piqué.