‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 161 sur 211 · Financer · texte numérisé non relu

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Au faict d'amours beau parler n'a plus lieu, Car sans argent vous parlez en hebrieu : Et fussiez vous le plus beau fils du monde Il faut foncer, ou je veux qu'on me tonde Si vous mettez jamais pied à l'estrieu. Poésies de Jean Marot.

d'Eutrapel. 259

nion que le client pourroit recevoir qu'il fust larron et attrape-denier, commença à le blasmer estrangement : comment, dit il, estes vous si impudent d'apporter de^, l'argent à un chef de Justice comme moy ? qui vous a aprins cela ? voulez vous me corrompre par vos beaux escus, il se void bien que vous estes quelque bon marchand, de me venir essaier de ce costé là : sont les gens de ce temps cy, tout est corrompu et perdu. Le Gentil homme se voyant ainsi approcher et recongnoistre, alongeoit le bras, voulant reprendre son argent : auquel le Président respondit, Je ne vous ay pas dit que vous le repreniez, si m'avez bien entendu : et semble que vostre cheval ne soit que une beste, seulement je vous ay dit, mais prenez bien le fait, dont vient cette hardiesse me présenter argent ? Le Gentilhomme vouloit à toutes fins se ressaisir de ses dix escus : le Président l'empeschoit, disant tout passionné et fasché, que vous avez la teste dure, je ne vous blasme d'avoir là mis l'argent, nous sommes tous pécheurs, mais seulement de l'entreprinse et hardiesse de l'y avoir mis : et bien, il y demeurera pour ce coup, mais une autre fois songez y de près, et regardez d'estre plus secret et advisé : voyez s'il y eust eu des estrangers, comme vous et moy en estions. Aujourd'huy, dit Lupolde, les parties ne parlent aux Juges que par courratiers1, et personnes interposées, afin de faire évanouir les preuves de concussion et pilleries, et n'ont nosdits Juges les pieds plats, et la teste si grosse,

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