‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 188 sur 211 · La punition est-elle aussi authentique que le fait · texte numérisé non relu

La punition est-elle aussi authentique que le fait

298 Contes et Discours

et privé de son estât, pour deux raisons : la première que le mot ad vires estoit assez significatif, que le condamné se plaignoit de la sentence, auquel cas faut demeurer là, pour en estre l'effect suspensif, et fust il prononcé par un tiers, et bien vueillant : la seconde, que le Juge n'avoit gardé les formes requises en l'instruction du procès, par s'estre hasté nam prœapitatio est judïciorum noverca, pour avoir et butiner les hardes du condamné, qui de sa part les avoit pillées et volées pendant les troubles et malheureuses guerres dernières. Nous en sommes bien, dit Eutrapel, ils moururent toutesfois, et ne leur servirent non plus ces belles amendes, qu'à ce Capitaine Gascon, auquel un Président de Tholose dit que la Cour lui faisoit grâce, d'avoir seulement la teste tranchée, attendu qu'il avoit bien mérité la roue, lequel respondit qu'il donneroit bien le reste pour un viedaze ' : me souvenant des grands Princes, qui gagent 2 la vie de cinquante mille hommes, où ils ne couchent rien du leur, resemblans au Singe qui tire les chastaignes de sous la braise avec la patte du lévrier endormy au fouyer ?. Polygame dit lors, pour reprendre les erres du procès de l'estourneau, avoir assez cogneu d'hommes tenant de ce naturel bigearre^, qui pour une

1 . Expression à double sens. La traduction honnête est visage d'âne.

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