‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 207 sur 211 · Spéculum judiciale par Guill. Durand ; Strasbourg · texte numérisé non relu

Spéculum judiciale par Guill. Durand ; Strasbourg

3. L'un des plus célèbres alchimistes du xme siècle, son Regimen sanitatis, souvent réimprimé, est toujours recherché. Ses œuvres de recherches sur les sciences occultes comme le Miroir d'alchimie, la Nouvelle lumière, le de Sigillis sont oubliées.

4. Jérôme Cardan, l'un des esprits les plus curieux du xvi° siècle, était sujetà des hallucinations dans lesquelles il pouvait bien voir les métaux changer de nature sous ses yeux. V. son livre si intéressant : de Subtilitate.

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temps, raconte d'un apoticaireTrevisan qui convertit l'argent vif en pur or, devant la Seigneurie de Venise : cela doit estre arrivé l'an mil cinq cens quarante-sept. Ce que Scaliger ' reformateur des Théorèmes de Cardan, ne peut digérer. Le Pape Léon dixiesme eut bonne grâce, quand Augurel 2 luy présenta un beau livre en vers Latins, nommé la Chrysopee ou l'art de faire l'or, espérant avoir quelque présent pour recompense, quand il luy donna une belle grande bourse de satin, disant, puisqu'il savoit et escrivoit la façon de faire l'or, il n'avoit besoin à ce compte que de bource et sacs à le mettre. Lupolde, qui estoit un grand souffleur, mais c'estoit au verre, disputa longuement sur cette première réduction du corps à l'ame, qui est ceste eau Philosophale, tant cherchée et moins rencontrée : qu'il avoit cogneu un grand nombre d'hommes ruinez par ceste fine folie, et avoir veu de son temps que le grand rendez vous de tels Académiques estoit à Nostre Dame de Paris, ou aux portaux d'Eglises, que Nicolas Flamel ?,

1. Jules César Scaliger a discuté bien des affirmations de Cardan. V. Exotericarum exercitationum liber quintus decimus de subtilitate ad Hieronymum Cardanum, Paris 1557.

2. Jean Aurèle Augurello, helléniste, poète latin et alchimiste. Sa Chrysop&ia a été traduite en français sous le titre de Facture de l'or, trois livres, 1541, en prose, et de Les trois livres de la Chrysopee, 154% en vers-

3. La légende de Nicolas Flamel et de sa femme Pernelle a été toujours très-discutée et n'est point encore édaircie. M. Figuier [l'Alchimie et les alchimistes) n'a pas beaucoup plus avancé la question que Lenglet du Fresnoy et l'abbé Villain. Les églises que Flamel avait contribué a élever ou à embellir sont celles de Saint-Jacques la Boucherie, de Sainte-Geneviève des Ardents, de l'hôpital Saint-

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grand et souverain arracheur de dents ' en ce mestier, avoit fait construire, et sur tout on les voit par bandes et regimens, comme estourneaux, se promenans aux Cloistres sainct Innocent à Paris avec les trespassez et secrétaires des chambrières visitans la dance Marcade 3, Poète Parisien, que ce savant et belliqueux Roy Charles le quint y fit peindre, où sont représentées au vif les effigies des hommes de marque de ce temps là, et qui dansent en la main de la mort. Parmy lesquelles peintures y a des deux costez du cimetière deux pourtraits, d'un Lion rouge, et d'un serpent verd, illec fait mettre par iceluy Flamel, avec bonne dotation, pour l'entretenement d'iceux : et dit on, vous en croirez

Gervais. Il avait aussi fait bâtir une des arcades du charnier des Innocents. Partout il avait fait mettre sa statue et celle de sa femme.

1. Du Fail prend ici arracheur de dents comme synonyme de menteur.

2. Cette indication pourrait être importante au point de vue de l'origine des représentations fantastiques appelées danses des morts ou danses macabres. Elle fait la danse peinte au cimetière des Innocents par ordre de Charles V un peu antérieure à la plus ancienne connue, qui se trouve à Minden, en Westphalie, et qui a été exécutée en 1380. Mais M. l'abbé Valentin Dufour dans une étude récente sur la Danse des morts du cimetière des Innocents récuse le témoignage de du Fail aussi bien pour la date qui, suivant lui, serait seulement 1425, que pour l'étymologie qui ne peut être le nom propre Macabre et encore moins Marcade. Nous n'avons point à nous prononcer. Nous aimerions cependant mieux un nom propre qu'un dérivé de Macchabée ou de Makbara (en arabe chambre funéraire). Il y a peut-être quelque utilité à rappeler que du Fail a pu voir les peintures un siècle seulement après leur exécution et qu'on pouvait alors se rappeler certaines choses oubliées depuis.

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une partie, et l'autre vous la pourrez mettre à meurir, que jamais la phiole de Tantalus, ou les deux lampes ' trouvées encore ardentes environ cent ans sont, au territoire de Padouë dedans le sepulchre de l'ancien Olibius n'y font rien, si vous ne voulez y coucher et employer le saint Graal, qui estoit une fiole pleine d'un baume si mirifique, après lequel les Chevaliers erranscouroient, comme petits gars qui auroient adiré 2 leurs vaches. [Polygame dit avoir leu en Gratalorus 3 Aleman, qu'en la tour de Londres y avoit encore en ce jour de petits fagots d'orfaicts par Raimond Lulle 4 sans aucune minière s : et avoir veu à maistre Jacques Even, maistre des monnoyes de Rennes, une image d'or prinse sur les Espagnols, après le sac de sainct Quentin par ceux de sainct Malo ; qui jugea, avec les autres orfèvres, et après plusieurs examens, estre bon

1 . On a prétendu avoir trouvé de ces lampes éternelles dans plusieurs tombes en Italie, entre autres dans celle de la fille de Cicéron. Grég. Liceti et, je crois , Cardan ont cru à ce phénomène. Il s'explique par une matière phosphorescente qui s'allume à l'air et brille au moment où le tombeau est ouvert. F.usèbe Salverte dans son livre : des Sciences occultes en parle, mais assez légèrement. Le R. P. Pierre Le Brun dans son Histoire critique des superstitions est assez catégorique à ce sujet.

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