‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 51 sur 211 · Jeune homme, juvenis · texte numérisé non relu

Jeune homme, juvenis

74 Propos rui u

Large n'eus! soutint aucune avoir ceste prérogative, que premièrement elle ne lui eusl ramentu ' comme, par son moyen, les trois Dames de la grand ville furent menées en une pipe dedans le couvent des frères hermites, cuydant le prieur estre des cendres; puis d'un abbé commandataire du lieu mesmes, qui s'accoustra en ramoneur de cheminées pour mugueter sa cuysiniere déguisée, cuydant tenir la prime del monde 2. A ceste cause, il falloit qu'elles en trouvassent toujours des plus fines, ou autrement elles n'eussent peu parvenir à ce souverain degré. Lors je lui demanday : Escoute Tailleboudin, ne crains tu point de tomber entre les mains de quelque fin frété?, qui cognoisse tes ruses et finesses ? Ma foy (respondit il) je crains cela comme feu, et ne voudrois principalement aller à Rennes; car aucuns de mes compagnons qui s'estimoient bien fins et qui en vendoient aux autres, y ont esté frotez et estrillez, et laissé quelque oreille. Mais (à propos) j'ay bien usé de plus grande ruse ceste année. Comment? (lui respondisje) (a). Par ma foy (dit il) si feis; car je prins mes deux petits enfans, avec ma garce, et les monte sur mon asne. J'entens les enfans, et contrefaisois le bourgeois de Boulongne, spolié de mes biens par la guerre des

a. Var. : Lui dis je.

i. Rappelé, participe du verbe ramentevoir.

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