‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 81 sur 211 · Un épouvantail · texte numérisé non relu

Un épouvantail

ET FACECIEUX. IJI

à les fascher ? C'est bien au rebours de Colette de Monsoreau, qui se resjouissoit depuis mynuict jusques au poinct du jour, pour avoir ouy chanter seulement le coq du Secretain l de Candes, qu'elle avoit prins en amour le jour saint Martin en faisant son offrande. Aussi, respondit Fiacre, estoit elle du temps de la passion de Saumur2, où les femmes des anges aymerent les diables. Finablement, maistre Huguet nostre oncle se despouilla, et retournant le lendemain au matin à la première messe, trouva son tourment, dont luy esmeu, et impacient de bon espoir, luy donna tel soufflet de cinq ou six francs qui lui restoient dans sa bourse, qu'il la rendit plus douce que la grande Gilette, que sa petite chienne mignonne contrefait si souvent et bien sur le dos. Et c'est ainsi, qu'il y faut aller, de par sa mère (dist Thibaudj non pas simuler le marmiteux \ et l'observantin 4 trente deux, ou trente trois mois : à quoy me vouloit contraindre Colichon,

i. Sacristain.

2. « Il m'est advis que je joue encores le dieu de la Passion de Saumur accompagné de ses anges et chérubins. » Rabelais, livre 111, chap. 3. On trouvera aux mots Mystère et Jehan Michel dans le Manuel du libraire des détails sur ce mystère joué, d'après le titre même, pour la première fois à Angers. Bouchet dans ses Séries dit qu'il fut joué aussi à Poitiers ; d'après du Fait et Rabelais il l'aurait été de même à Saumur. Nous savons qu'il le fut à Paris en 1490. On dit encore la Passion de Saint-Maixent.

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