‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 83 sur 211 · Un peu. Se dit encore en Normandie · texte numérisé non relu

Un peu. Se dit encore en Normandie

4. Rabelais parle aussi de Notre-Dame de Cunault, gros prieuré de l'Anjou. Mais pourquoi les resveurs de Cunaud? Mon Dieu, comme on dit, les Bavards de Confort, les bauffreurs de Mascon, les grandgouziers d'Avallon, les mocqueurs de Dijon, les dormeurs de Compiègne, les bragards d'Angiers, les fous de Bagneux, etc., etc.

ET FACECIEUX. 1 f$

La délibération de Guillot sur l'ordre de la Hemee,

ou banquet de la dédicace de Borneu, feste

annuelle de toute la chastellenie de

Vaudevire.

Guillot, impatient (comme sont communément tous gens de village) et assez indiscret, ne sceut attendre au jour accoustumé, qui devoit estre la feste suivante, à déclarer sa fantasie touchant l'appareil du banquet des confrères; mais sitost qu'il fust arrivé à Borneu, après toutesfois qu'il eut beu une tierce de vin, mesure du lieu, qui ne vaut seulement que neuf chopines de Chousé, et s'estre seiche en l'ombre de cinq ou six gros fagotz et autant de bourrées, envoya quérir le Vicaire de la paroisse (sans lequel en telz actes on ne fait jamais rien), Tonin l'Estonné, Hubert du gué d'Ancone, Bastien Bibus et Philipe Davon, les plus beaux et gentilz fesseurs de pain de toute la chastellenie. Auxquelz venus il dist de bonne sorte : He! compagnons, vous soyez les tresbien venus : vous ne savez pourquoy je vous ai mandez ? Non ! non ! Holà hee ! tout beau. Je le vous vais dire, car à peine le devineriez vous. Je croy que vous m'avez autresfois ouy parler des bons tours que me firent les moynes de Cunaud, quand j'y fus à la my aoust mener la fleur de ce bourg, et comme ilz renvoyèrent quinze jours après vos

i $4 Propos rustiques

cousines et ma seur, sentans leur corduan1 à pleine gorge, et le maroquin dune lieue, et si roupies 2, qu'il les fallut mettre un mois en mue 5 devant qu'elles eussent repris leur ply. J'ay tousjours pensé depuis à m'en venger, et leur dresser une trainee 4, pour mieux Tes prendre au piège, que entre vous m'ayderez à tendre. De Dimenche en trois semaines sera nostre feste, et par mesme moyen le jour de nos confrairies, auxquelles on vient de tous costez, et d'Andrezé mesmes et de la Seiguiniere. Je serois d'advis, à fin que nos voysins eussent meilleure envie d'y venir despendre s leurs six sols et trois, dresser quelques assiettes nouvelles et entremetz pour desennuyer la compagnie, sans nous amuser aujourd'huy ne jeudy à un tas de folies que nous ont amenées une manière de nos bragards6 qui ont hanté les villes et gens de bien, à deviser toutes les festes, les vespres dites. Cela ne me plaist point; mais que leur sert il de vouloir apprendre ceux qu'on ne peult enseigner, et perdre leur temps après vaines personnes ? Qu'ilz

i. Cuir. C'est-à-dire rapportant l'odeur du lieu. Voir : Monacologie Paulin, 1844, pour se rendre compte de cette odeur.

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