LE MARQUIS, LA MARQUISE, DURVAL
LA MARQUISE
Vj'est pour dîner avec toi, et pour causer de nos affaires : afin de n'être point dérangés j je vais faire fermer ma porte A
propos , j'oubliais de te parler d'une visite qu© je viens d'avoir , et que tu auras sûrement.
ACTÊljSCÈNEXI. 23
LE MARQUIS
Qui donc ?
LA MARQUISE
Devine.
LE MARQUIS
Comment voulez-vous que je devine? Ce ne sont pas encore les officiers du régiment que j'aurai ?
LA MARQUIS E
Non : c'est Colin et Colette.
LE MARQUIS, ému.
Colette?
LA MARQUISE
Oui, Colin et Colette d'Auvergne, cette petite Coletfe dont tu me parlais tant dans les commencemens de ton séjour ici.
LE MARQUIS
Ils sont à Paris?
LA MARQUISE
Eh oui , je les ai vus. Quel air as-tu donc ? Cela t'attriste?
Non , ma mère. Vous ont-ils parlé de moi?
LA MARQUISE
Beaucoup : ils t'appellent leur cher ami.
24 JEANNOT ET GOLIN.
DURVAL.
Oserai-je demander à madame la marquise ce que c*est que ce Colia et cette Colette ? LA MARQUISE.
Colin est un petit bourgeois qui venait profiter des maîtres de mon fils lorsque nous ha- Litions l'Auvergne. . . Mais madame d'Orville arrivera de bonne heure ; il est temps de vous habiller , mon fils : je vous laisse. Monsieur Durval , voulez-vous me rendre un service ? J'ai des papiers intéressans que mon procureur devait venir prendre : allez le voir , je vous en prie ; vous les lui porterez. Je vous demande pardon si. . . .
DU RVAL.
Madame , en m'employant pour vous , c'est m'obliger à la reconnaissance.
( Ils sortent. )