ACTE III, SCÈNE VII T
diei pardon; vous parliez à ma sœur de mariage et d'amour , tandis que vous aviez tout conclu pour en épouser une autre demain. Allez : l'homme capable d'une ruse aussi indigne , doit tirer vanité de n'être ému de rien ; osez me regarder ; c'est à moi de rougir,
LE MARQUIS, après ane |)ause.
Oui , vous avez raison. J'ai pu vous cacher un mariage.. . qui ne se serait pas fait ; il est juste que j'en sois puni. Rendez-moi celte promesse : ( 11 la prend ) c'est le seul bien qui me reste : mais j'en suis iudigt^e , il faut y renoncer, (il la déchire.) Allez, abandonner un malheureux qui ne mériîe que votre mépris. Mais hâtez vous de l'abandonner : si vous saviez combien il est à plaindre , peutêtre
COLIN
Vous , à plaindre ! Et tout succële à vos vœux. Vous épousez , dit-on . une femme de qualité dont le crédit doit vous porter au comble des honneurs ; vous jouissez d'une fortune immense ; votre mère vous idolâtre ; tout ce qui vous entoure u'est occupé que de
vous plaire ; rien ne peut altérer tant de bonheur. Le seul souvenir d'un ami et d'une maîtresse que vous avez trompés pourrait vous importuner dans vos plaisirs ; mais vous n'entendrez jamais parler d'eux ; et , dans la classe où vous allez monter, on outlie aisément les malheureux qu'on a faits.
LE MARQUIS
C'en est trop, Colin; respectez mon malheur : apprenez. . . .