I03 HÉRO TT LÉANDRE
plaintire des alcjons , et le murmure des flots qui cèdent à tes efforts ; la lune bieafjisanfe te prèle toute sa lumière ; l'ond>^ , en ia re fléchissant . semble vouloir la doubler. . . . Ah î toute la nature doit s'miéresset à l'amant qui expose sa vie pour voir son amante.
( Elle se promène avec l'air agité. )
Je ne sais quelle terreur secrète se glisse malgré moi dans mon sein. Cher Léandre, ne viens pas aujourd'hui . . Ne viens jamais , 51 tu risqyes de perdre le jour. Cette mer est si fatale! Hellé, la malheureuse Hellé, trouva la mort dans ses flo;s : le bélie doré put à peine sauver son frère. . . . Tu n'as rien , toi, que xnesi vœux et ton courage.... S'il arrivait.... Mais non, l'Amour, tous les dieux, doivent veiller sur toi.
( Elle s'adresse à la Lune. )
Belle Phoebé , ne quitte p^s les cieux , éclaire la route dangereuse que mon amant doit parcourir, montre-lui tous les écueils , fiiis-lui voir toujours la terre , ne souffre pas que le moindre nuage te dérobe un moment à
MONOLOGUE LYRIQUE. 109
ses yeux ; souviens toi des peines cjue fe causa J'auiour, ei sauve un aiuauf aussi fidèle, aussi tendre que l'élait Endjmion.
{ Elle écoute avec attention , et dit , aptes une grande pause :
J*Hi cru Tenlendre ; et ce n'est qu'une vague qui a fait palpiter mon cœur. »
( Avec passion. )
O uion ami , redouble les efforts ; que le feu qui te consume te rende jusensible au froid de l'onde. Hâie-toi de sortir de cet élément perfide, viens rassurer ton dpouse rperd e , viens la presst-r dans tes bras. . . . Je crois te voir : oui , je te vois ; tu fends les flots avec vitesse , tu laisses loin derrière toi un long sillon qui bouillonne ; les yeux toujours tixés sur ce final , iu reprends des forces ù mesure que tu l'en approches : les astres , les étoiles , g'iides ordinc»ires du nau- Jonnier , n'exisieiit point pour toi ; ton seul astre , c est ce flambeau ; tu ne vois que lui dans le ciel , lu ne connais que moi sur la terre , et l'uiuvers se réduit pour toi à la seule tour que j'kabiie.