‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 90 sur 110 · ROMANCE · texte numérisé non relu

ROMANCE

L'autre jour , au bord d'un ruisseau.

Je m'endormis sur l'herbe tendre ; Mon chien veillait à mon troupeau , Mon chien ne pouvait me défendre.

BIENTOT , aux accens les plus douXj Je m'éveille toute surprise ; Je vois im prince à mes genoux , Qui me dit d'une voix soumise :

ACTB I, SCÈNE III. l57

■ Vors qui deTCi donner des loû m Dam le* paUù comme au village, c Êtes-TOiu la nymphe des bois ,

c A qm tout chaaseui doit hommage?

« PARLSZ, daignez me raMUier :

« Si voua n'êtes qiiune bergère , c £ans cesser de vous adorer ,

■ J'oserai prétendre à vous plaire. »

Ma sœur , c'était le souverain Qui règne sur cette contrée.

Juge quel sera naon destin Si de lui je suis adorée.

V£ RMEI LL8.

Ma cfaère sanr, en vérité, A tont ce beaa récit )e ne pais rien comprendre ;

Expliqne-moi donc, par bonté, Qael est ce grand bcnbear qae to semblés attendrf^

BLANCHI

Je te l'ai dit ; celai qaî me parlait ainsi

Est le prince qai régne ici.

Songe donc qa'il m'adore , et qae je peax prétendre A partager son trône en acceptant sa main.

VERMEILLE

Toi, ma sorar?

BL ATÏCHE.

Serait-il le premier soQVeraio ïpris d'ane simple bergère ?

l58 BLANCHE ET VERMEILLE.

Epouser ce qu'on aime, est-ce un effort si grand?

L'amour ne connaît point de rang :

Le plus Jseau titre , c'est de plaire. VERMÉ ILLE.

Mais. Colin. ...

BLANCHE

Je saurai le combler de bienfaits.

Malgré tous ses défauts , malgré sa jalousie , Je l'aime , et je ftfai le bonheur de sa vie

En le rendant riche à jamais.

VE R M e I 7 £ E.

Tu t'abuses , ma sœur ; rien ne nous dédommaga De la perte dun cœur qu'on a cru posséder.

Pardon, si j'o^e f» gronder;

Mais tu dt-vrais faae un vojage

Chez cetie fef aimabie et sage

Qui prit soin de nous élever Bien mi'ux qu'il ne convient à de simples bergères. Tu sais depuis long- temps que nous lui sommes chères, Allons la voir.

BLANCHE

Crois-tu qu'elle daigne appronver Que je quitte les champs pour aller à la ville ?. . ; . Tu ne me réponds pas . . . Mais toi-même , à la £n , DoDoe-moi ton avis.

VERMEILLE. Il serait inutile ; Je pense là-dessus comme ferait Colin.

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