‹ ŒuvresChapitre 4 sur 128 · AUX MANES DE FLORIAN · texte numérisé non relu

AUX MANES DE FLORIAN

PIECE INEDITE.

Muse des jeux et des accords champêtres , Sœur d'Apollon , simple Erato , dis-moi ; Dis , n'est-ce point à l'ombre de ces hêtres , Que dort Florian , long-temps chéri de toi ? Mais désormais , pour que l'œil reconnaisse L'humble gazon qui cache son cercueil.

Que sur sa tombe un jeune saule abaisse Sa feuille pale et ses rameaux en deuil.

Muse , pour plaire à son ombre attristée ,

Viens , suspendons , sous ces berceaux heureux ,

Le flageolet qui chanta Galatée ,

De Némorin le hautbois amoureux.

Clio , tu sais que , d'un luth plus sonore,

Accompagnant sa douce et tendre voix ,

Il a chanté le fier vainqueur du Maure ,

Et de Numa les amours et les lois.

De l'apologue il anima la scène ;

Il attacha le lecteur étonné : Mais de ce champ où l'on glanait à peine , Heureux encore , Florian a moissonné.

Chez lui beauté , grâce , amour et simplesse , Sur le théâtre ont charmé tous les coeurs ; Bon fils, bon père, Arlequin intéresse.

En souriant on sent couler des pleurs.

4f> VIE DE FLORTAN.

Venez aussi , vous , pasleurs et bergères , Dont il peignit les appas et les mœurs ; V enex en toule , et de vos mains légères Pour sa couronne entrelacez des fleurs.

Laissez, laissez les lauriers au génie , Florian ne veut ici , sur son tombeau , Que des bouquets éclos dans la prairie , La marguerite et le simple barbeau.

Page 1