‹ ŒuvresChapitre 95 sur 128 · I. OEUVRF.S DE FLORIAN · texte numérisé non relu

I. OEUVRF.S DE FLORIAN

chiffre ; il assemble les bergers qui doivent les conduire à la montagne , leur donne ses ordres , ses conseils, leur fournit des armes et des provisions. Le jour, le moment , sont fixés pour que tous les trovq:)eaux d'un village se réunissent dans le môme lieu. C'est de là qu'ils partent ensemble.

La marche est ouverte par les chèvres , troupe indocile et légère , qui s'avance la tête levée , bondit , s'écarte , revient , choisit les chemins les plus difficiles , s'élance au sommet des rochers , s'y arrête pour brouter l'extrémité de la verdure, ne redoute ni berger ni chien , et n'obéit qu'à son caprice.

Après elles viennent les bélieis , dont on a découpé la toison pour la peindre de couleurs diverses. Leurs cornes sont entourées de rubans. Leur fierté , leur gravité , s'augmentent encore par ces ornemens. Ils marchent suivis des chiens armés de colliers brillans dont les pointes d'acier reluisent au soleil. Ces surveillans soumis et fidèles cèdent je pas aux béliers quand il n y a point de danger à craindre , mais le reprennent au moindre péril.

Derrière eux on voit s'avancer les jeunes moutons et leurs mères , troupe innombrable, dont les sonnettes accompagnent les bêlemens des brebis, les aboicmciis des chiens , les chansons des jeunes berp;ers.

Page 1