LIVRE IV
Ces derniers ferment la marche. Parés de leurs plus beaux habits , ils ont orné leurs chapeaux et leurs flûtes des bouquets qu'ils tiennent de leurs maîtresses. Armés d'épieux au lieu de houlettes , un air guerrier vient se mêler à leur douceur naturelle. Environnés de tous les habitans des hameaux , ils s'avancent en jouant des airs auxquels on répond par des applaudissemens. Les bergères sont sur leur passage : plusieurs d'entre elles versent des larmes ; toutes font des vœux pour leur prompt retour; toutes, se tenant par la main; suivent les pasteurs 'jusqu'à un ruisseau, où les deux troupes séparées chantent alternativement cette chanson ;
LES BERGERS
Adieu, charmantes bergères ; Nous quittons ces beaux climats ; Nous allons porter nos pas Vers des terres étrangères :
Là, jusqu'à notre retour, Point de plaisir, point d'amour.
LES BERGÈRES
Adieu, nos amis, nos frères ; Adieu, fidèles amans ; Rapportez des cœurs constans A celles qui vous sont cbèrcs :
Pour nous, jusqu'à ce retour, Point de plaisir, point d'amour.
LES BERGERS
Sur ces montagnes lointaines Vos tronpeaux s'embellirojil :
Mais vos bergers souffriront ; Et pour soulager leurs peines, ' ■ Ils n'auront, dans ce séjour,
Point de plaisir, ^point d'amour.
LES BERGÈRES
Le voyageur solitaire
Qui verra notre pays
S'arrêtera tout suipris,
En disant à la bergère :
Hé quoi ! dans ce beau séjour,
Point de jilaisir, point d'amour 1
•LES BERGERS
Si, pour nous rendre infidèles, Les beautés de ces bameaux Viennent consoler nos maux.
Nous dirons : \ ous êtes belles ; Mais pour nous, jusqu'au retour.
Point de plaisir, point d'amour.
LES BERGÈRES
Si quelque amant de la ville Venait d'un air séducteur Pour surprendre notre cœur, Nous dirons : C'est inutile ; Pour nous, jusqu'à leur retour, Point de plaisir, point d'amour.
Tel ("SL l'ordre de cette fête, que Ncmorin vit arriver avec tant de douleur. Il ne se trouva point