‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 22 sur 95 · AVANT-PROPOS XXVII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XXVII

Enfin, elle tient, cette Eglise, elle tient de son fondateur une constitution intangible. « Elle consiste essentiellement dans un corps de pasteurs qui gouvernent au nom de Jésus-Christ et de fidèles qui, en leur obéissant, obéissent à Jésus-Christ. » 11 existe dans cette société une dépendance absolue des sujets à l'égard des chefs ; mais cette dépendance ne dégénère point en servitude ; et, d'autre part, la liberté « n'y tourne point à la licence, parce qu'elle ne s'émancipe jamais de la hiérarchie qui la contrôle sans l'opprimer... »

Au premier rang de cette hiérarchie sont les prêtres; puis viennent lesévêques, et il existe « une distinction aussi ancienne que l'Eglise elle-même entre les évêques qui possèdent seuls la plénitude du sacerdoce, et les prêtres. Ensuite les évêques même ont un chef. Pierre a été sacré monarque de toute la Cité sainte. « ...Pierre s'appelle aujourd'hui Léon XIII, un nom que tout le monde civilisé vénère, et que le siècle qui finit léguera aux suivants comme un des plus grands de l'histoire » (Lettre pasiorale de 1898).

Son attachement pour le Pontife romain est une des notes de son œuvre. Il n'a pas de mots assez expressifs pour traduire l'ardeur de sa vénération. Il l'appelle le ^ Pontife aux intuitions de génie,

XXVIII AVAM-PROPOS

captif sublime, père tendre, ami dévoué de la France », incomparable par la profondeur de la doctrine, la sûreté de ses directions, la divine opportunité avec laquelle il tire de son trésor des choses anciennes et des choses nouvelles. Et il termine son éloge magnifique par ces mots touchants issus de son cœur : «. O saint Père, restez longtemps avec nous pour nous guider dans la vie oragreuse...! »

Si les Lettres pastorales fourmillent d'allusions au Pape, ou d'apostrophes déférentes et pleines d'amour à son endroit, elles n'abondent pas moins en vigoureuses digressions patriotiques. Il faut bien le remarquer, pour le Cardinal Mathieu, l'amour de l'Eglise et l'amour de la France sont deux sentiments qui ne vont pas l'un sans l'autre. Car. « nous avons deux patries, parce que nous sommes tout à la fois les fils du temps et ceux de l'éternité... Comme chrétiens nous sommes inscrits dans la cité de Dieu. Comme hommes, nous appartenons à la Cité terrestre... »

Ah ! comme il aimait la France ! A ce point que là-bas sur la terre étrangère, il suffisait d'être son compatriote, sans aucun autre litre, pour être reçu à

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