I. S. ^[atlllieu, v
apprendre à les supporter cl à les rendre méritoires, en vue de la récompense dont il se porte garant. Ce qu'il veut réformer et changer de fond en comble, ce n'est ni le gouvernement, ni l'état social de son temps ni d aucun temps : ce sont nos désirs, nos efforts et toute l'orientation de notre vie morale. Il y a un siècle , les tvrans. qui prétendaient travailler au lionheur de l'humanité en versant le sang à flots, insultaient Jésus de leurs louanges, en l'affublant du sobriquet grossier qu'ils avaient donné aux pires démagogues. De nos jours, dans une intention toute ditTérente et excellente, certains catholiques tourmentent l'Evangile pour en extraire une économie politique, et ils semblent vouloir le réduire à la seule sentence : Vœ vohis (livitlhus ' .' « Malheur à vous, riches ! » La vérité, c'est que les uns et les autres se trompent, et que le Sauveur n'a voulu résoudre directement aucune question sociale. 11 est venu fonder un royaume qui n'est pas de ce monde, et dont l'Esprit- Saint recrute incessamment les sujets à travers les siècles ; qui a son siège dans chaque âme pvirifiée par le Baptême ou la Pénitence, et qui consiste essentiellement à cheixher Dieu, à l'aimer comme un père, à nous unir ;i lui dans les ombres de la foi, en attendant le bonheur de le voir face à face dans l'éclat de la gloire.. ^'oilà l'essence de la doctrine chrétienne, qui tient tout entière dans ces paroles célèbres et souvent citées : Quferife priinum regnum Dei et Justitiam ejus - ; « cherchez avant tout le royaume de Dieu et sa justice » ; Qiiid