‹ ŒuvresChapitre 38 sur 41 · mai · texte numérisé non relu

mai

devant se rendre le 2o août, à Féglise de Saint-Louis pour la fête nationale des Français, la veille, le maître de chambre de Sa Sainteté envoya un ecclésiastique dire à l'ambassadeur « qu'il ne serait point convenable que Mgr d'Orthosie fût à Saint-Louis quand le Pape y viendrait ». Le malheureux espérait et écrivait toujours aux ministres. 11 prétend qu'on lui fait encore bon visag-e et que Pacca continue à le recevoir amicalement. 11 se faisait illusion, et comme on dit familièrement, il était brûlé. Courtois de Pressigny le comprenait bien.

« 11 est difficile, écrivait-il en janvier 1816, que le Pape l'admette à une place dont quelques devoirs l'approchent de sa personne. 11 n'est pas cependant de la dignité du roi de le rappeler sèchement. On pourrait le nommer conseiller d'Etat en souvenir des conseillersclercs du Parlement. 11 aime le travail, il l'a facile, il a du courage et du dévouement. »

Salamon obtint mieux que la place de conseiller d'Etat et la cour de Rome pratiqua à son égard le pardon des injures. En 1817, le cardinal Consalvi et le nouvel ambassadeur, le comte de Blacas, s'étaient liés d'une amitié qui aboutit à un nouveau Concordat, par lequel le nombre des diocèses de France était notablement augmenté. L'opposition de la Chambre des députés fit échouer le Concordat, mais un peu plus tard l'augmentation des sièges épiscopaux était votée.

Le gallicanisme des prélats anglais s'adoucit, ils donnèrent leur démission, écrivirent au Pape une lettre convenable et ils furent récompensés. Leur chef, Mgr de Talleyrand-Périgord, devint cardinal et archevêque de

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Paris, suivant une combinazione que Consalvi avait suggérée au Pape dès l'année 1814 ; Mgr de la Fare, ancien évêque de Nancy, fut nommé archevêque de Sens et les autres furent aussi désarmés. Chose extraordinaire ! le Saint-Siège se résigna à comprendre Salamon dans la promotion nouvelle, se rappelant ses anciens services et une sorte de promesse faite quand il était arrivé avec Courtois de Pressigny, Il nest pas douteux qu'il ne marchanda ni les rétractations, ni les engagements désirables. 11 obtint le siège de Saint- Flour en 1823 : tant il est vrai que tout arrive en France et que les frondeurs sont toujours prêts à monter dans les carrosses du roi 1 La vérité oblige de reconnaître qu'il fut un excellent évêque. Les ambitieux, une fois qu'ils sont satisfaits, déploient souvent de grandes qualités que dissimulaient leurs intrigues. Mgr Salamon se montra généreux et dévoué. On lui dut, en particulier, la fondation du grand séminaire et il n'est point encore tout à fait oublié dans le diocèse. On raconte qu'il était très vif et qu'il interdisait facilement ses prêtres ; mais il avait un vieux domestique plus influent que les vicaires généraux, qui lui prêchait la miséricorde. Plus d'une fois, voyant un curé sortir en larmes du cabinet du prélat, il confessait le malheureux, allait trouver son maître et revenait porteur de la grâce. L'évêque mourut en 1829. Ainsi finit Mgr Salamon qui, tour k tour, rendit de grands services et causa de graves ennuis au Saint-Siège.

Quant à Isoard, en 1817, il revint à Rome où il reprit sans difficulté ses fonctions. 11 reçut ensuite le chapeau

en 1827 et fut un de mes prédécesseurs comme cardinal français de Curie. Il retourna en France pour devenir archevêque d'Auch et mourut, en 1839, archevêque nommé de Lyon où il devait remplacer Fesch.

Si j'ai raconté exactement les faits, on reconnaîtra que, dans cette mince affaire de l'auditorat de Rote comme dans celle des évêques réfractaires, la diplomatie romaine a montré cette intelligence des situations, cette fermeté à maintenir les principes, cette modération à les appliquer, ces concessions, ces condescendances pour la faiblesse humaine qui ont fondé sa réputation et lui ont valu plus d'un grand succès dans l'histoire.

Déposition de S. G. Mc/r Malhicu, archevêque de Toulouse, devant la Commission parlementaire d'enquête sur VEnseignement secondaire* .

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